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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
des villes alliées, et nous voyons par exemple à propos de la ville
d’Erythrée que les autorités de celle-ci étaient expressément obli
gées d’obéir aux décisions du peuple athénien \ Naturellement une
ville alliée dans cette situation perdait toute voix dans les affaires
de la ligue. Il va de soi qu Athènes ne permettait pas à ces alliés
tout à fait dépendants de trancher par eux-mêmes leurs différends
réciproques. Les Athéniens mettaient certainement la main sur toutes
ces affaires et les tranchaient de leur propre autorité absolue. La
situation entièrement subordonnée de ces alliés dépendants pai rap
port à la ville directrice de la ligue résulte avec la dernière évidence
des bonnes promesses d’un tout autre traitement que les Athéniens
en l’an 377 se crurent obligés de taire à tous les Etats disposés à
entrer dans la nouvelle Ligue attique 2 .
Il n’est cependant pas vraisemblable que les quelques alliés qui
purent se maintenir comme Etats autonomes, aient été traités bien
différemment des autres pour ce qui a trait à leurs différends réci
proques. Lorsque la caisse de la ligue fut transférée à Athènes en
l’an 454, les villes eubéennes, Samos, Chios et Lesbos étaient les
seules autonomes ; bientôt, à la suite des événements que nous
avons cités, Samos tomba au rang des alliés dépendants. Sans
vouloir reprendre ici la question discutée de savoir si le conseil de
la ligue continuait à exister à cette epoque, ou non, il semble
cependant que l’on puisse conclure qu’il n’eut en tous cas aucune
importance comme tribunal de la ligue. Les tribunaux athéniens
paraissent avoir jugé toutes les questions d’offenses commises par
les alliés contre Athènes et contre les institutions de la ligue 3 ,
et, nous avons vu que ce fut précisément la prétention d’Athènes
de réglementer par l’arbitrage la situation de Samos et de Milet
qui donna l’occasion de l’exécution de Samos ; et le texte de
Thucydide indique qu’il y eut d’autres cas semblables. Lorsque
les Athéniens et les habitants de l’île Mélos en 416 discutaient le
1 Insc. Grec. II, 9-11. - 2 1ns. Grec. II, 17. Scala 1. c. p. 129 et ss. —
® Inscr. Gr. I, 38.