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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
dont ceci se passa, on ne peut guère s imaginer que 1 arbitrage ait été
fréquemment employé dans cette ligue, du moins dans sa dernière
période.
4. L’ARBITRAGE DANS LES HÉGÉMONIES MACÉDO-HELLÉNTSTIQUES.
Comme on le voit, nous n’avons pu trouver une utilisation fréquente
de l’arbitrage dans les grandes hégémonies nationales helléniques.
Il y a cependant des situations qui indiquent que 1 arbitrage peut
avoir joué un rôle plus important, que nous ne pouvons le prouve;
en fait. C’est ce qu’on pourrait conclure de 1 emploi très fréquent
de l’arbitrage par les souverains étrangers qui avaient des états grecs
sous leur direction, lorsqu’il s’agissait d apaiser des différends surgis
entre eux-mêmes ; c’est le cas des Macédoniens, des princes hellé
nistiques, des Romains et même des Perses. Lorsque ceux-ci utilisent
l’arbitrage de cette manière, ce n’est pas parce qu ils y étaient habi
tués dans leurs propres pays ; il n’y était pas connu sous cette
forme. C’est dans le monde grec qu’ils apprenaient à le connaître,
et ils l’appliquaient, parce que les hellènes étaient eux-mêmes accou
tumés à l’utiliser ; ils se référaient donc à une antique pratique des
organisations semblables du monde grec.
Pour ce qui a trait aux Perses, d’après le récit d’Hérodote 1 ,
c’est le satrape perse Artaphernes qui, après la pacification de l’Ionie
à la suite de la révolte de l’an 500, amena les villes ioniennes à signer
une convention par laquelle elles s’engageaient à ne pas trancher dans
l’avenir leurs différends par la force des armes, mais à suivre la
voie judiciaire, c’est-à-dire en dernière instance, l’arbitrage. Ceci
doit avoir eu lieu vers l’an 493. Cent ans après, lorsque les villes
de l’Asie Mineure furent retombées sous la domination perse, nous
voyons que le satrape Struthas fait trancher un différend qui séparait
Milet et Myonte, par une sentence arbitrale rendue par des envoyés
des autres villes ioniennes 3 . Cymé et Clazomène (la seconde seule
1 VI, 42 : öuv^xac o<pioi aÜTOÎm ToV'Icovaç ^vàyxaoE nméco&ai, tva
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