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A. RÆDER
était ionienne) firent d’elles-mêmes trancher par l’Oracle de Delphes \
choisi comme juge, leur différend au sujet de la ville de Leuké ;
ceci eut lieu en 383.
Nous connaissons mieux l’utilisation de l’arbitrage au sein des
Etats grecs soumis à Yhégémonie macédonienne.
Lorsque Philippe de Macédoine, en l’an 338, eut conquis la pré
pondérance en Hellade, ce fut un de ses premiers soins que de
mettre fin aux divers différends existant entre les Etats de l’Hel
lade. D’après Polybe 2 , il établit un tribunal d’arbitrage composé
de représentants des diveA Etats grecs, qui mit fin à des différends
de ce genre. Tite-Live mentionne aussi ce tribunal ".
Parmi les affaires qui furent soumises à ce tribunal, il y avait le
différend de Sparte et de Mégalopolis au sujet de deux districts
frontières, et parmi eux le district belminatique si important au
point de vue stratégique 4 . Le jugement fut rendu en faveur de
Mégalopolis. Il est expressément spécifié que les deux parties con
sentirent à faire trancher les points discutés par le tribunal établi
par Philippe 5 .
Avec Messène aussi, Sparte avait un différend de frontières ;
comme le précédent, celui-ci survint à l’époque où Messène et l’Ar
cadie furent affranchies de Sparte par Epaminondas. Le conflit avec
Messène portait sur le district deuthaliatique et le sanctuaire d’Ar-
témise Limnaia à l’ouest du pied du Taygète 6 . Dans cette affaire
aussi le jugement fut rendu contre Sparte. Le conflit recommença
pourtant, et au III e siècle donna lieu à une sentence arbitrale du
roi macédonien Antigone, soit Antigone Dozon en l’an 221, soit
Antigone Gonatas en l’an 285 7 .
Il faut rattacher à tout ceci le jugement rendu par Argos dans le
conflit de Mélos et Cimolos, et où le conseil panhellénique réuni
par Philippe à Corinthe joue un rôle 8 .
1 n° XX. - a IX, 33, 12. - » XXXVIII, 34. - 4 n ü XXXVII. - 5 Dittenberger
S * n° 304 : áp.<poT¿pa)v émTpexbávTcov. — 6 n° XXXVIII, — 7 n° XXXVIII *. —
» n° XXXIX.