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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Comme on le voit, l’arbitrage fut fréquemment utilisé dans les
différends entre deux états helléniques appartenant à une même
hégémonie. Bien entendu ici aussi nous ne connaissons qu un petit
nombre des cas où l’arbitrage fut appliqué. On a lieu de croire que
l’arbitrage eut une application très étendue entre de semblables états.
Nous voyons en outre combien de tentatives furent faites particulière
ment au sein de l’hégémonie Spartiate, pour rendre 1 arbitrage obli
gatoire par des traités d’arbitrage permanent. Cependant cette ten
tative échoua. Lorsque l’arbitrage fut si fréquemment appliqué par
les Etats appartenant à l’hégémonie macédonienne, et plus tard par
les différends dynastes hellénistiques, et par Rome entre les divers
Etats dépendant de sa sphère de puissance, les puissances directrices
ne réussirent pourtant pas non plus à introduire 1 arbitrage obliga
toire. La pression venue d’en haut contribua bien à ce que les Etats
tombassent plus facilement d’accord pour appliquer 1 arbitrage, mais
on ne réussit pas à créer une obligation formelle de faire trancher
de cette manière tous les différends. Il y eut, on le sait, suffisamment
de cas où les parties préférèrent trancher la question par les armes.
6. L’ARBITRAGE DANS LES ÉTATS FÉDÉRÉS HELLÉNIQUES.
Comme on le sait les Hellènes ne réussirent pas par le moyen des
hégémonies nationales à créer une situation pacifique, pas plus
d’ailleurs qu’à assurer leur liberté et leur indépendance. La lutte
continuelle entre les puissances directrices d’hégémonies se termina
par la conquête de la suprématie de l’Hellade par Philippe de Macé
doine. Lorsque la puissance de la Macédoine fut brisée par la mort
d’Alexandre et les combats de l’époque des Diadoques, l’Hellade ou
du moins la plus grande partie, reconquiert une situation relative
ment libre, interrompue sans doute à certaines périodes par la grande
influence du roi de Macédoine, pour ne pas parler de la puissance
toujours croissante de Rome dans le monde grec.
C’est à cette époque du commencement du troisième siècle jusqu’au
milieu du second que le système fédératif atteignit son plus grand