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A. RÆDER
deux villes s’en remirent à une commission composée de leurs prin
cipaux citoyens, du soin de régler l’affaire. On tomba d’accord pour
essayer de faire terminer l’affaire par l’arbitrage de Makon de Larisse.
Dans le compromis on détermine en outre que la partie qui ne
respecterait pas le jugement paierait une amende. Le compromis est
signé par des témoins ; quelques uns de ceux-ci viennent d’une ville
voisine, les autres sont étrangers ; aucune des autorités de la Ligue
n’est mentionnée parmi les témoins. Ensuite vient le jugement de
Makon. Dans cette affaire nous avons une inscription bien conservée
et pouvons nous faire une assez bonne idée de la marche des choses,
au point que l’on ne peut admettre que l’absence de mention des
autorités de la Ligue doive être attribuée à une lacune. Les parties
organisent l’affaire entre elles ; elles signent un compromis ; elles
choisissent le juge. Tout cela sans qu’il soit besoin d’aucune sanc
tion de la Ligue ; la seule chose qui rappelle l’existence de celle-ci
est que son stratège sert d’éponyme.
En dehors de ces inscriptions nous ne connaissons rien sur la
manière dont les villes de la seconde Ligue thessalienne réglaient
leurs différends intérieurs. Dans aucune de celles-ci les autorités de
la ligue ne sont mentionnées comme ayant quelque chose à voir
dans cette affaire. Ceci peut être expliqué, pour tous les premiers cas
cités, par la nature des inscriptions en question ; il n’y avait pas de
raisons spéciales pour les mentionner et d’autre part ceci a pu être
fait dans des parties non conservées des inscriptions. Cependant
aucune de ces raisons n’est valable pour le dernier cas cité. Aucune
réponse décisive ne peut être donnée, mais on a l’impression que
les membres isolés ont eu une situation plus indépendante dans
cette ligue que dans la Ligue étolienne.
Les villes de l’Achaïe phtiotique, après l’an 196 et peut-être à
des époques différentes, entrèrent dans la Ligue thessalienne, après
avoir fait partie depuis 228 de la Ligue étolienne. Mais avant 228
elles devaient former une ligue spéciale. A cette époque, sans
doute entre 300 et 270, se place une solution arbitrale entre les