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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Nous connaissons en outre toute une série de traités d amitié et
d’alliance que les villes Crétoises conclurent au II e siècle et où
elles s’assuraient réciproquement le connubium, le commercium et
d’autres droits 1 . On fit ainsi beaucoup pour conserver la paix et
trancher pacifiquement les différends. On eut certains résultats ; mais
la division était trop grande, et les intérêts trop divergents ; des
puissances étrangères intervinrent aussi dans les affaires de 1 île et
augmentèrent le trouble, souvent poussées par le désir de se procurer
des mercenaires et des auxiliaires dans la vaillante population de
l’île. On n’obtint aussi dans cette voie de 1 union que des périodes
de paix temporaires.
Comme on pourra le conclure de cette étude on peut parler
d’arbitrage obligatoire sinon pour les hégémonies helléniques du
moins pour les états faisant partie de ligues helléniques. Pour la
Ligue étolienne nous avons cru pouvoir conclure que les états isolés,
lorsqu’ils entraient dans la ligue, s’engageaient par traité à faire
trancher par l’arbitrage, sur les représentations de la ligue, les diffé
rends qui pourraient surgir entre eux et un autre état appartenant
à la ligue. Il se peut qu’il en ait été aussi de même dans d’autres
ligues, sans que l’on ait pourtant quelque chose de positif pour
s’appuyer. Tout au moins on doit avoir admis comme une consé
quence naturelle que deux membres de la ligue ne fussent pas en
guerre ouverte l’un contre l’autre.
La manière dont on opérait pour l’organisation de l’arbitrage
paraît avoir été un peu différente dans les diverses ligues. A l’in
térieur de la Ligue béotienne, de l’acarnanienne, de la crétoise,
et de l’ionienne, il y avait des tribunaux spéciaux de la ligue,
qui fonctionnaient comme juges dans les différends entre membres
de la ligue. Ces tribunaux étaient composés d’envoyés des différentes
villes. Dans la Ligue ionienne on a aussi un exemple de ce que
1 Rassemblés par Blass chez Collitz III, 2.