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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
en l’an 636, avait triomphé dans les Jeux Olympiques 1 . Phrynon
s’empara de la ville de Sigéion qui est située dans la région de la
Troade, au sud de l’embouchure du Scamandre, par conséquent
tout près de l’entrée de l’Hellespont. La ville de Mytilène, à Lesbos,
y vit une attaque contre les droits qu’elle avait comme suzeraine des
pays environnants.
Elle envoya une expédition commandée par Pittakos, un des sept
sages ; celui-ci construisit une forteresse, l’Achilléion, au nord de
Sigéion, sur le promontoire qui s’avance à l’ouest de l’embouchure
du Scamandre, ce qui pratiquement empêchait les Athéniens de
commander l’entrée de l’Hellespont ; dans les combats suivants,
Pittakos battit Phrynon, par surprise, dans un combat singulier.
Enfin les deux parties tombèrent d’accord pour laisser trancher
l’affaire par un arbitrage ; elles choisirent comme arbitre le maître
de Corinthe, Périandre, qui était aussi un des sept sages. La déci
sion de Périandre fut basée sur ce que chacune des parties devait
conserver ce qu elle occupait ; c’est ainsi que les Athéniens reçurent
Sigéion, au sujet de laquelle la lutte s’était engagée, mais Mytilène
continua à diminuer la valeur de cette possession en maintenant
occupée la forteresse d’Achilléion. 2
Dans la suite Sigéion doit avoir été perdue par Athènes, car 70
ans plus tard cette ville fut à nouveau conquise pour les Athéniens,
par Pisistrate, qui en confia la direction à son fils Hegesistrate. Cette
nouvelle conquête est confondue par Hérodote 3 avec la précédente
faite par Phrynon 4 , ce qui a fait repousser tout l’ensemble à une
date trop éloignée.
Strabon 5 , qui ici s’appuie sur Demetrios de Skepsis, donne la vraie
1 Les divers épisodes de cette affaire ont été rassemblés par Barbeyrac, Histoire
des anciens traités. Suppl, au Corps universel diplom. du droit des gens, Amster
dam 1739 I, p. 47. — 2 Hérodote V, 95: MvxiXtp-cnouc; b'e xal ’A&r\vatovc; xaxi\XXaSe
Ilepiav&pos 6 Kwi^Xov xoùxcp yàp ôiaur\xr\ èxexpcwiovxo- xaxi^XXaS.e cbbe, véueafrai
éxaxépouç x^v e/ouoi. Cfr. Strabon XIII 600. Diogène Laërte I, 74. — s y
— * cfr. Ed. Meyer, Gesch. d. Alterth. Il § 402 note. — 5 XIII 600.