309
L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
d’après un témoin, si ce témoin ne me paraît pas dire la vérité. »
Dans le procès entre Narthacium et Mélitée, il est dit que les juges
de Samos, Colophon et Magnésie avaient jugé «conformément aux
lois » 1 ; dans ce cas on ne veut cependant pas faire allusion, comme
le contexte le prouve, aux lois ordinaires, mais aux règlements pris
par Flamininus.
Dans les cas où il y avait un très nombreux tribunal, par exemple
lorsque six cents Milésiens jugèrent entre Sparte et Messène 2 , le juge
ment doit avoir été rendu dans la forme d’un oui ou d’un non
sur une question déterminée. C’est de cette manière que l’on procéda
dans l’affaire entre Cos et Calymnie, où les opinions étaient très
partagées, 126 contre 78 3 . Dans des cas comme ceux-là on ne peut
guère parler des bases du résultat du jugement.
La chose se présentait tout autrement, lorsqu’un particulier ou un
tribunal extraordinaire fonctionnait comme juge. Dans ces cas-là le
tribunal donnait souvent des motifs, parfois même très détaillés. Ceci
eut lieu entre autres dans le différend entre les villes Cretoises
Hiérapytna et Itane qui fut tranché par un tribunal d’arbitrage à
Magnésie 4 . L’acte du jugement qui a été conservé est très détaillé;
les juges rendent compte d’abord de la manière dont l’affaire leur a
été soumise, dont le tribunal a été choisi, dont le procès a été ouvert
et dont on a essayé de faire intervenir une conciliation. Ensuite vient
un historique de ce qui s’est passé dans l’affaire avant qu’elle ne vînt
devans ce tribunal. Enfin vient le jugement lui-même avec ses motifs
et la documentation. On y parcourt les prétentions des parties et
les preuves fournies ; le tout est mis en lumière avec critique. Les
juges arrivent au résultat que les Hiérapytniens n’avaient pu arriver
à prouver I o ) qu’ils avaient possédé le district disputé depuis l’anti
quité, ou 2°) qu’ils l’avaient acquis par achat, ou 3°) par guerre, ou
1 n° XXXIV, 3 : xexptpévct elvat xaxà vôpovq. . . . xoûxô te pij eù/epèc; eîvcu, 8oa
xaxà vópovc; xexpipéva èoxiv cixupa xoieiv. — 5 n° XVIII, 3. — 8 n° LXXIX : xâv
i}>á<f>a>v tal xaTabixáÇouôcu eßbop^xovxa ôxtcó, tai bè àxobtxáÇouôcu éxoxòv ïxaxi E%. —
* n° LXXIV.