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L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
Mais les fabricants adonnés à la production du
sucre de betteraves essayèrent aussi en divers en
droits d’y joindre celle du sucre avec le sucre des
colonies, parce que ces raffineries trouvaient dans
les tarifs des faveurs considérables par rapport à la
matière première, et parce que ce cumul offrait un
remède contre les interruptions forcées, dont souf
frait encore la fabrication du sucre extrait des bet
teraves. C’est ainsi qu’on fut conduit à scruter l’op
portunité d’un impôt sur le sucre de betteraves, et
une motion fut faite par la Prusse en ce sens. Les
débats auxquels elle donna lieu, et qui ne manquè
rent ni de vivacité ni d’abondance, eurent cet effet,
qu’on s’accorda d’une part pour maintenir les an
ciens avantages relatifs au sucre brut, comme avan
tages acquis, mais d’autre part pour ne les concéder
dans l’avenir qu’autant que les raffineries seraient
placées au siège d’un bureau de douane. On prit de
plus les dispositions suivantes :
1® Des raffineries de sucre colonial peuvent ac-
cesssoirement fabriquer du sucre de betteraves et
bénéficier des droits modérés, auxquels celui-là est
soumis, quand c’est bien le sucre colonial qui est le
principal objectif de l’entreprise;
2“ Il est interdit aux fabriques de sucre de bette
raves d’opérer simultanément sur le sucre colonial ;
elles ne le peuvent qu’à des périodes distinctes ;
3® Les fabricants ne pourront pas plus que par le
passé faire le commerce du sucre, ou se livrer à une