LA BELGIQUE INDUSTRIELLE
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ménagère à cette époque devait aussi bien savoir filer
que faire la cuisine. (1).
Aux chiffres cités ci-dessus, il fauf ajouter le nombre
des enfants, garçons ou filles, employés aux travaux prépa
ratoires du tissage et à la filature des étoupes. Nous pou
vons évaluer ainsi la population s’adonnant dans le dé
partement de l’Escaut à l’industrie linière à 200.000 âmes
en 1800 (2). Dans le département de la Lys (Flandre occi
dentale), on avait recensé en 1800, 23,133 tisserands (3).
Le total des pièces fabriquées dans la Flandre était
de 282,793 et le montant de l’estimation s’élevait à
18.382,059 francs (4).
Tandis que dans l’industrie linière, les tisserands
n’avaient pas encore perdu vers la fin du XVIII e siècle
leur indépendance économique et produisaient pour leur
propre compte, la draperie avait déjà revêtu le caractère
d’une industrie à domicile. » Il y a tout lieu de croire,
écrit Dechesne que les marchands drapiers dirigeaient
la production et fournissaient la matière première suc
cessivement aux fileurs, aux tisserands, aux foulons et
aux finisseurs de draps. Tous ces artisans travaillaient
pour le compte des marchands et recevaient simplement
le prix de façon » (5).
(1) Louis Varlez : Les salaires dans l’industrie gantoise, vol. II.
Industrie de la filature du lin. Bruxelles, 1904, p. IX.
(2) Ernest Dubois : L’industrie du tissage du lin dans les Flandres.
Office du Travail. Les industries à domicile en Belgique. Bruxelles,
■1900, v. II, p. i4.
(3) Ib. p. 16.
(4) Ministère de l’Intérieur : Enquête sur l’industrie linière. Bruxelles,
1 841, v. I. p. 15.
(5) L. Dechesne : 1. c. p. 30.