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ŒUVRES DIVERSES.
» semblent déclarer que les soldes du gouvernement ne contribuent
» à ces bénéfices que dans le rapport des émissions supplémentaires
» qu’ils permettent de faire. Votre comité est pleinement convaincu
» que ces balances, aussi bien que les billets, sont et doivent être
» nécessairement productives. »
Les fonds qui créent le revenu de la Banque et qui constituent
l’importance de la somme qu’elle peut avancer, déduction faite de
la réserve en espèces et en lingots, peuvent être rangés sous trois
catégories :
1° Le capital social versé par les actionnaires et auquel il faut
ajouter les épargnes successives de l’établissement ;
2® Les sommes remises par les personnes qui ont habituellement
des fonds à la banque. Ces sommes se composent de la balance de
tous les comptes courants, soit du gouvernement, soit des particu
liers. En 1797, elles s’élevaient seulement à 5,130,(40 L, en y
comprenant le solde de tous les comptes particuliers : aujourd’hui la
balance seule du gouvernement flotte entre 11 et 12 millions, y com
pris les bank-notes déposés à l’Echiquier L
3® Les sommes versées en échange de ses émissions. Il faut en
effet qu’au moment où la Banque émet ses billets elle reçoive des ti
tres d’une valeur équivalente, et ces titres constituent une partie du
fonds général qu elle peut prêter à intérêt. Ainsi un porteur de bil
lets ne diffère pas essentiellement de celui dont le compte « solde
» au crédit à la Banque. Tous deux sont ses créanciers : l’un au
» moyen d’un billet qui est le titre de sa créance, l’autre au moyen
» d’une inscription au grand livre de l’établissement. L’importance
» des sommes productives d’intèrét se règle rigoureusement sur le
» montant réuni de ces trois fonds, desquels il faut cependant dé-
» duire la valeur des espèces et des lingots'*.
' Quelques-uns de mes lecteurs pourraient ne pas saisir le sens de ces mots :
« y compris les hank-notes déposés à VÉchiquier. » (>es billets, qui n’ont pas
même la forme de billets de banque, n’entrent jamais dans la circulation et ne
figurent jamais dans les relevés de la Banque. Ils portent à l’Échiquier le nom
de billets spéciaux et servent seulement à prouver que les sommes reçues jour
nellement au Trésor ont été réellement déposées à la Banque. Ils forment donc
le contrôle d’une partie des dépôts publics confiés à la banque.
2 En 1797 la Banque établissait sa situation financière de la manière suivante ;
Billets en circulation liv. 8,640,000
Dépôts publics et privés. . . . 5,130,140
Capital excédant 3,896.890