Full text: Compte rendu des travaux de la Chambre Syndicale pendant lʹannée 1926

— 508 — 
la solution se présentera, nous vous demanderôns d’unir vos 
êfforts aux nôtres pour aboutir. 
Le tarif douanier colonial. — Une autre question sur laquelle 
hous aurons également à nous entendre, c’est celle du tarif 
douanier colonial. Je sais que dans votre ville le problème a 
été examiné l’an dernier sous tous ses aspects, au cours d’un 
congrès retentissant, et qu’un accord de principe s’est établi 
finalement pour concilier les tendances opposées. Mais cet 
accord ne prête-t-il pas à interprétation ? Ne peut-on l’amé- 
liorer ? 
Certes, nous admettons que le vote du projet de loi 
Angoulvant, qui permettra de faciliter et de codifier en faveur 
des colonies les dérogations que l’on projette au tarif douanier 
métropolitain, marquera un progrès appréciable. Mais nous 
voudrions aller un peu plus loin. Nous considérons, en effet, 
que deux au moins de nos colonies sont, d’ores et déjà, 
susceptibles de recevoir un commencement d’émancipation 
économique : c’est d’abord l’Indochine et, subsidiairement, 
peut-être, Madagascar, Voilà, en effet, deux grands pays qui 
constituent chacun un centre économique puissant. L’Indo- 
chine, en particulier, avec ses vingt millions de consommateurs 
et de producteurs, ses industries variées et ses besoins très 
différents des nôtres, est à l’heure actuelle astreinte à vivre avec 
un tarif douanier conçu et établi pour la métropole et auquel 
on consent seulement quelques modifications. Est-il sage, est-il 
prudent de condamner ainsi ces gens-là à vivre avec un vête- 
ment fait à notre taille, mais nullement adapté à leurs 
besoins ? La prétention est d’autant plus paradoxale qu’ils 
n’ont pas la même monnaie que nous : on leur impose un tarif 
établi en francs-papier alors qu’ils ont comme monnaie la 
piastre, c’est-à-dire une monnaie qui varie avec le cours du 
métal-argent, et qui par conséquent est tout à fait indépen- 
dante des fluctuations de notre propre change. 
Eh bien, nous sommes très respectueux des prérogatives du 
Parlement ; nous demandons qu’il lui soit réservé de statuer 
en dernier ressort sur le futur régime douanier de l’Indochine ; 
mais puisqu’il y a une commission interministérielle qui, sous 
la présidence de M. Jean Morel, a étudié la question de très 
près, puisqu’elle a abouti à des conclusions réellement inté- 
ressantes, nous demandons que l’on utilise ce travail-là, qu’on 
le confronte avec les travaux plus récents de nos commissions 
des douanes, qu’on le mette, si on peut dire, au goût du jour, 
mais qu’enfin on dote l’Indochine d’un statut douanier qui
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.