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la solution se présentera, nous vous demanderôns d’unir vos
êfforts aux nôtres pour aboutir.
Le tarif douanier colonial. — Une autre question sur laquelle
hous aurons également à nous entendre, c’est celle du tarif
douanier colonial. Je sais que dans votre ville le problème a
été examiné l’an dernier sous tous ses aspects, au cours d’un
congrès retentissant, et qu’un accord de principe s’est établi
finalement pour concilier les tendances opposées. Mais cet
accord ne prête-t-il pas à interprétation ? Ne peut-on l’amé-
liorer ?
Certes, nous admettons que le vote du projet de loi
Angoulvant, qui permettra de faciliter et de codifier en faveur
des colonies les dérogations que l’on projette au tarif douanier
métropolitain, marquera un progrès appréciable. Mais nous
voudrions aller un peu plus loin. Nous considérons, en effet,
que deux au moins de nos colonies sont, d’ores et déjà,
susceptibles de recevoir un commencement d’émancipation
économique : c’est d’abord l’Indochine et, subsidiairement,
peut-être, Madagascar, Voilà, en effet, deux grands pays qui
constituent chacun un centre économique puissant. L’Indo-
chine, en particulier, avec ses vingt millions de consommateurs
et de producteurs, ses industries variées et ses besoins très
différents des nôtres, est à l’heure actuelle astreinte à vivre avec
un tarif douanier conçu et établi pour la métropole et auquel
on consent seulement quelques modifications. Est-il sage, est-il
prudent de condamner ainsi ces gens-là à vivre avec un vête-
ment fait à notre taille, mais nullement adapté à leurs
besoins ? La prétention est d’autant plus paradoxale qu’ils
n’ont pas la même monnaie que nous : on leur impose un tarif
établi en francs-papier alors qu’ils ont comme monnaie la
piastre, c’est-à-dire une monnaie qui varie avec le cours du
métal-argent, et qui par conséquent est tout à fait indépen-
dante des fluctuations de notre propre change.
Eh bien, nous sommes très respectueux des prérogatives du
Parlement ; nous demandons qu’il lui soit réservé de statuer
en dernier ressort sur le futur régime douanier de l’Indochine ;
mais puisqu’il y a une commission interministérielle qui, sous
la présidence de M. Jean Morel, a étudié la question de très
près, puisqu’elle a abouti à des conclusions réellement inté-
ressantes, nous demandons que l’on utilise ce travail-là, qu’on
le confronte avec les travaux plus récents de nos commissions
des douanes, qu’on le mette, si on peut dire, au goût du jour,
mais qu’enfin on dote l’Indochine d’un statut douanier qui