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A. RÆDER
au devant d’eux à Rhodes et avaient, chacun à leur manière, exposé
l’objet du différend et présenté leurs prétentions. Après l’examen
des lieux, la réunion décisive fut tenue dans la ville d’Ephèse, par
conséquent sur un terrain neutre. Le jugement reconnut que Priène
avait le droit de son côté. La sentence fut remise aux parties en
deux exemplaires ; elle contient un compte-rendu très détaillé de la
procédure et en outre de l’histoire antérieure de l’affaire. Une copie
de ce document à été trouvée insérée sur le mur du temple d’Athéné
à Priène. Cette inscription présente pour nous le plus grand intérêt
car elle jette une vive lumière sur le côté formel de la mise en
œuvre de l’arbitrage.
Au II e siècle nous connaissons aussi une autre affaire d’arbi
trage où la ville de Priène est partie. Cette fois il s’agit d’un
différend avec la ville voisine de Milet h La ville de Smyrne est
juge, et à ce point que c’est l’assemblée populaire elle-même qui rend
le jugement. Le différend portait sur une question de frontière ;
nous ne savons pas qui obtint gain de cause. A la suite de ceci
il y eut d’ailleurs désaccord sur la manière dont la frontière devait
être tracée en détail conformément au jugement rendu. Une com
mission spéciale de frontière fut envoyée à cette occasion ; elle
devait tracer la frontière d’une manière définitive et sur la base de
la décision de Smyrne. Milet et Priène sont toutes deux représen
tées dans cette affaire.
Au II e siècle se place aussi une sentence arbitrale rendue entre
les deux puissantes villes cariennes, Mylase et Alabande 8 ; nous ne
savons d’ailleurs pas autre chose que ceci : Laanthès de la ville
d’Assos en Mysie fonctionna comme arbitre.
Comme nous l’avons vu plus haut l’arbitrage trancha un différend
vers l’an 178 entre la ville de Mondaia qui était membre de la
Ligue thessalienne et la ville d’Azore qui appartenait à la Ligue des
Perrhébiens. Peu après, vraisemblablement vers l’an 150 la Ligue
1 n° LXVI. - a n° LXVII.