fullscreen: La réforme syndicale en Italie

la merci des organisateurs socialistes ; et l’idée de la lutte 
de classe s’amplifia d’une facon démesurée et ridicule, au 
point d’embrasser les rapports entre l’État et ses employés, 
comme si la Nation était une classe contre qui il était permis 
de combattre au nom d’intérêts particuliers. 
Les choses allèrent si loin que l’anarchie remplaça 
l’auto-défense da classe, de catégorie, de groupe. L'État 
libéral, devenu l’ombre de lui-même, se décomposait. Le 
gouvernement était considéré comme une affaire privée des 
partis qui se le partageaient proportionnellement à leurs 
forces. Toute la vie sociale menaçait de se désagréger ‘et 
la civilisation de sombrer dans un nouveau Moyen Age. 
Cet état de choses, sans revêtir une forme aussi grave 
que celle que nous venons de décrire, et qui caractérisa l'Italie 
pendant les trois premières années qui suivirent la guerre, 
persiste encore aujourd’hui dans d’autres pays. En Italie, le 
processus de désagrégation fut nettement arrêté par l’apparition 
du fascisme, et le processus de reconstruction commença à 
dater de l’arrivée de celui-ci au pouvoir, le 28 octobre 1922. 
Le fascisme avait déjà affronté résolument le problème 
du travail, en créant et en propageant un syndicalisme parti- 
culier, nettement distinct du syndicalisme socialiste. En 
réalité, l’organisation des groupes et des catégories, si nous ne 
voulons pas parler de classes, est une nécessité inéluctable de 
la vie moderne. Nécessité qui se fit sentir à toutes les épo- 
ques, que le mouvement d’effritement et de nivellement de 
la révolution française avait pu assoupir pour peu de temps, 
mais qui devait fatalement renaître plus forte que jamais 
à mesure que la vie sociale s’intensifiait et se compliquait. 
Seulement, le fascisme comprit que le problème de l’orga- 
nisation des groupes sociaux, c'est-à-dire du syndicalisme, 
n’était pas du tout nécessairement lié au mouvement tendant à 
détruire l’économie capitaliste, basée sur l’organisation privée 
de la production, et à la remplacer par l’économie socialiste, 
basée sur l’organisation en commun de la production. Il 
vit qu’il fallait isoler du socialisme le mouvement syndical, 
de ce socialisme qui l’avait compliqué en y mélant toutes 
les idéologies antinationales. internationales, pacifistes, huma- 
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