Full text: Oeuvres complètes

ŒIIVRKS DIVERSES. 
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doit nécessairement, sous l’empire d’une telle loi, servir d’étalon mé 
trique*; et cela malgré les variations de la valeur respective des deux 
métaux. 
Quel que soit le métal reconnu comme étalon métrique des valeurs, 
il aura aussi le privilège de régler le pair du change avec les autres 
pays ; car ce sera avec ce métal, ou avec la monnaie de papier qui le 
représente, que s’acquitteront les lettres de change. 
La circulation monétaire de la France admet aussi deux métaux 
auxquels est attaché, jusqu’à concurrence de toute somme, le rôle de 
monnaie légale. — La valeur relative de l’or et de l’argent, dans les 
monnaies françaises, était, antérieurement à la révolution, : : 15 : I 
(Bullion-Report, n” 59); elle est actuellement : : 15 1/2 : P. — Mais 
* Le Bullion-Committee, aussi bien que M. Huskisson, considère l’or comme 
l’étalon métrique de la valeur, conformément à l’acte 39, Georges III, qui dé 
clare que l’argent ne sera considéré comme monnaie légale que pour des sommes 
excédant 2.5 livres, à moins qu’il ne soit offert au poids et à l’évaluation de 
5 s. 2 d. l’once. Mais cette loi n’empèche pas le monnayage de l’argent quand 
il est au-dessous du prix à la Monnaie, et conséquemment au-dessous des pro 
portions officielles qui existent entre sa valeur et celle de l’or. Ainsi, en 1798, 
à l’époque où le prix de l’argent était de 5 s. par once, et sa valeur relative 
de 15, 57 à 1 sur le marché, on pouvait le monnayer avec avantage. Ce métal, 
issu vierge de la Monnaie, eût alors passé comme monnaie légale. Jusqu’à 
concurrence de toute somme. 
* Ce rapport est descendu aujourd’hui dans le commerce à 15 3/4, quoique la 
proportion légale soit de 15 1/2. Dans cette grave et délicate question des mon 
naies, les faits ont prouvé, comme dans tous les autres problèmes d’économie poli 
tique, combien est illusoire, insensée, dangereuse même l’intervention de la loi 
dans le domaine agité des affaires. L’antiquité avait son Protée dont la souplesse 
prestigieuse échappait à toutes les chaînes : nous avons le nôtre dans les incidents 
multiples de l’industrie, dans les formes diverses (jue revêtent les questions so 
ciales. Il est étrange qu’on n’ait pas encore compris cela, après les innombra 
bles démentis donnés par la réalité aux rêves des législateurs. Ainsi, on a renoncé 
de nos jours — ou du moins on a suspendu jusqu’à nouvel ordre — les lois de 
maximum imposées à nos pères par l’héroïsme égaré de la Convention, et par les 
arrêtés somptuaires du moyen âge. Il faudrait même aller chercher dans les 
exagérations des écoles socialistes les plus avancées ; il faudrait fouiller dans la 
charte d’Icara,de la cité du Soleil et des Égaux, pour trouver quelque chose d’a 
nalogue aux lois étranges qui décidaient du vêtement que devaient porter nos 
aïeux, du nombre de fois qu’ils devaient manger de la viande ou du hareng 
par semaine Mais si nous nous sommes affranchis de cet excès de ridicule, nous 
n’en persistons pas moins, a vouloir infliger un taux légal a l’intérêt des capi 
taux ; un tarif légal aux compagnies des chemins de fer, aux boulangers, aux 
marchands de tabac : un enseignement légal à toutes les cervelles de notre pays,
	        
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