Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’INTERVENTION EUROPÉENNE. 
117 
réfugié avec 2.000 femmes, enfants et vieillards dans le 
dépôt des munitions de guerre : les Égyptiens arrivent ; 
on leur tient les portes fermées jusqu’à ce qu’ils soient très 
nombreux ; on leur ouvre ; ils se précipitent comme une 
trombe. Le primat alors met le feu aux barils de poudre 
qu’il a rangés au milieu de l’enceinte ; une explosion formi 
dable ébranle toute la ville; 5.000 morts restent sous ces 
ruines, dont 3.000 Égyptiens. Les 4.800 affamés de la 
colonne qui réussit à échapper â Ibrahim, et qui se réfu 
gia à Salone, furent les seuls survivants des 15.000 habi 
tants de Missolonghi (avril 1826). 
Ibrahim retourna en Morée. Rachyd alla assiéger Athènes 
(août). La résistance y fut conduite par le colonel français 
Fabvier qui ne capitula qu’en juin 1827. 
Les Grecs étaient vaincus. 11 ne leur restait plus que de 
petites places, les îles et leur pauvre capitale de Nauplie. 
La défaite aggrava naturellement leurs dissensions, les 
divers chefs de partis se rejetant les uns aux autres la 
responsabilité des événements. L’assemblée nationale se 
brisa en deux assemblées rivales, celle des Péloponésiens 
et celle des continentaux, l’une à Hermione, l’autre à 
Egine. Les soldats se mêlèrent à ces querelles ; à Nauplie, 
les deux forts principaux étaient commandés par deux 
chefs d’opinions différentes : ils se canonnèrent l’un l’autre, 
canonnèrent la ville, y descendirent pour se battre, la 
pillèrent pendant huit jours. Les marins ne songèrent plus 
à la lutte nationale, revinrent à la piraterie. La Grèce se 
perdait elle-même et risquait de détourner d’elle ses meil 
leurs amis. 
III. — L’intervention européenne et l’indépendance 
(1826-1829). 
Pour beaucoup, au commencement de l’année 1826, la 
guerre était finie; les insurgés allaient être tous pris, et 
sans doute en grand nombre massacrés. Le sultan triom 
phait. Il lui fut pénible de devoir son salut et sa victoire à 
son vassal le pacha d’Égypte. Il crut le moment venu de 
refaire son armée, comme avait fait Méhémet-Ali : il serait 
fvraiment alors le sauveur et le maître de l’empire ottoman. 
Sans plus tarder, il se mit à l’œuvre, avec d’autant plus de 
hâte que le tsar Alexandre I" venait de mourir, que son 
rère Nicolas I" ne paraissait pas d’aussi bonne compositio n.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.