Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

278  EN  EUROPE.  —  ARMÉNIE.  —  CRÊTE.  —  MACÉDOINE.
mer  Égée  sont  du  domaine  de  l’hellénisme.  Les  ambitions
grecques  ne  seront  satisfaites  que  lorsque  tout  ce  domaine
aura  été  reconquis  par  l’hellénisme.
En  1886,  à  l’occasion  de  la  majorité  du  prince,  aujourd’hui ­
  le  roi  Constantin,  le  patriote  Jean  Kallostypis  lui
dédiait  son  livre  De  la  Macédoine,  en  lui  rappelant  que,
malgré  la  réunion  des  lies  Ioniennes  et  de  la  Thessalie,
«  le  rêve  national  restait  aux  trois  quarts  inachevé...
L’Hellade  esclave  encore  a  les  yeux  fixés  sur  votre  règne.
Puisse  l’hellénisme,  qui  vous  fête  aujourd’hui  dans  la  joie,
voir  par  vous  l’accomplissement  de  ses  intimes  désirs,  et
puisse  la  grande  Idée  trouver  en  vous,  notre  diadoque
adoré,  son  prêtre  et  son  hiérophante  »L
Les  défaites  de  1897  furent  cruelles  à  l’amour-propre  des
Grecs  ;  mais  ils  se  remirent  au  travail  et  n’abandonnèrent
rien  de  leurs  espérances.
Cependant  ils  ne  sont  pas  seuls  à  revendiquer  l’héritage
ottoman,  et  ils  ont  d’autres  ennemis  que  les  Turcs,  plus
redoutables  peut-être.
Nous  ne  rappelons  que  pour  mémoire  les  Koutzo-Valaques.
  Ce  sont  des  Vainques  ou  Roumains  qui  sont
restés  établis  dans  les  montagnes  du  Finde,  dans  la  région
de  Mezzovo  et  dans  les  environs  de  Monastir,  rappelant  le
temps  où,  aux  premiers  siècles  du  moyen  âge,  tout  le
pays,  depuis  les  Carpathes  jusqu’au  voisinage  des  populations ­
  grecques,  formait  un  grand  royaume  roumain.  Ils
sont  restés  fidèles  à  la  langue  roumaine,  et  ils  conservent
d’une  façon  très  curieuse  leur  originalité  ;  mais  ils  ne  sont
que  quelques  milliers.
En  somme,  en  dehors  des  Albanais,  des  Grecs  et  des
Turcs,  ceux-ci  refoulés  de  plus  en  plus  vers  la  Thrace,  autour ­
  d’Andrinople  et  de  Constantinople,  la  plus  grande
partie  de  la  péninsule  des  Balkans,  au  Sud  de  la  Save  et
du  Danube,  appartient  aux  populations  slaves,  partagée
entre  les  Serbes  et  les  Bulgares.
Les  Serbes,  qu’on  ne  peut  pas  séparer  des  Monténégrins,
ont  leur  centre  de  peuplement  dans  la  vallée  de  la  Save.
Les  Croates  sont  des  Serbes.  Il  y  a  des  Serbes  jusque  sur
1,  Cité  par  V.  Bérard,  La  Turquie  et  l’hellénisme  contemporain,
p.  223.
            
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