Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LA  CUISE  DE  1840-1860.

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111.  —  La  crise  de  1840-1860.
Les  Anglais  s’inquiétaient  de  cet  orage  qui  se  formait
dans  le  Nord  ;  ils  songèrent  à  prendre  les  précautions  indispensables. ­
  Il  fallait  prévenir  les  Russes  sur  le  plateau,
s’y  établir  pour  les  arrêter  ou  pour  leur  ôter  la  pensée  d’y
venir.  Telle  fut  l’inspiration  de  la  campagne  préparée  en
1841  par  le  gouverneur  général,  lord  Auckland.  Les  prétextes ­
  n’y  manquaient  pas.
Dost-Mobammed,  qui  régnait  à  Kaboul,  pouvait  être  considéré ­
  comme  un  usurpateur  ;  car  il  avait  chassé  du  trône
Shah-Shoudja,  le  frère  du  précédent  souverain,  Mahmoud.
Les  Anglais  avaient  justement  donné  un  asile  au  proscrit.
Dost-Mohammed  témoignant  des  sympathies  pour  les  Russes
et  des  sentiments  contraires  pour  les  Anglais,  ceux-ci,  emmenant ­
  avec  eux  Shah-Shoudjah,  envahirent  l’Afghanistan
(1838).  Une  petite  armée  s’empara  de  Kandahar,  de  Kaboul, ­
  y  établit  Shah-Shoudjah,  et  força  Dost-Mohammed  à
se  réfugier  auprès  de  l’émir  de  Boukhara.  Il  reparut  bientôt,
vainquit  son  rival,  puis,  désespérant  de  triompher  des  Anglais, ­
  se  remit  entre  leurs  mains  et  fut  envoyé  à  Calcutta.
Une  garnison  de  8.000  Anglais,  commandée  par  lord  Elphinstone,
  occupa  Kaboul  pour  y  protéger  le  vieux  Shah-Shoudja
  contre  le  mépris  de  ses  sujets.
Après  deux  ans  de  feinte  résignation,  les  Afghans  se  levèrent ­
  en  une  formidable  insurrection  sous  la  conduite  du
fils  de  Dost-Mohammed,  Akhbar-khan.  Quelques  officiers
anglais  furent  massacrés,  notamment  le  résident  sir  Macnaghten,
  assassiné  par  Akhbar  lui-même.  La  petite  armée
fut  bloquée  dans  ses  cantonnements,  menacée  de  périr
de  faim,  sommée  de  capituler.  Lord  Elphinstone  signa
une  convention  honteuse,  par  laquelle  il  s’engageait  à  évacuer ­
  l’Afghanistan,  abandonnait  le  trésor  de  l’armée  et  la
plupart  de  ses  canons,  livrait  des  otages.
La  retraite  commence  le  6  janvier  1842,  au  milieu  des
neiges  épaisses,  suivie  par  les  bandes  afghanes  qui  égorgent ­
  tous  les  traînards.  On  arrive  péniblement  à  la  passe
de  Kourd-Kaboul.  Tout  à  coup  les  Afghans,  embusqués  sur
les  hauteurs,  croisent  sur  la  petite  troupe  une  fusillade
nourrie.  Le  drame  est  alors  affreux  ;  au  milieu  de  l’affolement ­
  général,  3.000  hommes  sont  tués  en  un  instant  ;  d’au-E.
  DniAULT.  —  Question  d’Orient.  20
            
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