Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

318

EN  ASIE.  —  ANGLAIS  ET  RUSSES.

navigation  des  navires  russes  sur  la  mer  d’Aral,  paya  une
contribution  de  guerre,  subit  la  construction  au-dessus  de
Khiva  de  la  forteresse  d’Alexandrovsk,  occupée  par  une
garnison  russe.
Les  Anglais  protestèrent  vivement  contre  ces  continuelles
annexions  de  la  Russie.  M.  Gladstone  se  déclara  pourtant
satisfait  des  assurances  données  pour  l’avenir  par  le  prince
Gortchakof,  et  alla  jusqu’à  faire  cette  déclaration  à  la  tribune ­
  de  la  Chambre  des  communes  :  «  Je  n’ai,  quant  à  moi,
aucune  inquiétude  au  sujet  des  extensions  territoriales  de  la
Russie  en  Asie,  aucune  inquiétude  d’aucune  espèce.  Je  suis
d’avis  que  ces  craintes  ne  sont  que  des  craintes  de  vieille
femme  ».  Était-il  moins  rassuré  qu’il  ne  l’affirmait?  Ou
voulut-il  calmer  autrement  que  par  des  mots  les  inquiétudes
de  l’opinion  anglaise?  Il  obtint  du  gouvernement  russe  la
signature  d'une  convention  pour  la  délimitation  exacte  des
territoires  récemment  acquis  par  la  Russie.  La  nouvelle
frontière  fut  fixée  à  l’Amou-Daria,  et  laissa  à  l’Afghanistan
les  pays  d’Ouakhan,  Badakhan,  Koundouz,  Balkh  et  Malmené. ­
  Plus  loin  vers  l’ouest,  elle  restait  indécise,  et  les
Russes  ne  devaient  pas  manquer  d’en  profiter.  En  fait,  dans
ces  régions,  l’Angleterre,  faute  d’alliés,  était  réduite  à  confirmer ­
  de  sa  signature  les  agrandissements  de  sa  rivale.
Elle  chercha  bien  aussi  à  accroître  son  domaine,  à  opposer ­
  conquêtes  à  conquêtes  ;  mais  elle  fut  bien  loin  d’obtenir
des  résultats  comparables.
Pour  conserver  ses  avantages  sur  le  marché  chinois,  où
pénétraient  la  Russie  par  l’Amour,  la  France  par  le  Tonkin,
elle  attaqua  la  Birmanie.  Elle  lui  avait  enlevé  en  1852  sa
dernière  province  maritime,  le  Pégou,  avec  les  villes  de
Rangoun  et  de  Martaban.  Elle  exigea  en  1885  du  roi  Thibaw
le  monopole  de  l’exploitation  de  ses  forêts  de  teek.  Il  refusa.
Le  vice-roi  de  l’Inde,  lord  Dufferin,  lui  déclara  la  guerre,  et
envoya  contre  lui  le  général  Prendergast,  à  la  tête  de  15.000
hommes.  Le  roi  fut  partout  vaincu,  pris  dans  sa  capitale  de
Mandaté  ;  son  empire  fut  annexé  à  l’Hindoustan,  dont  la
frontière  fut  portée  à  l’est  jusqu’au  Mékong,  au  nord  audessus
  de  Bhamo,  sur  les  confins  du  Yu-nam  chinois.
Vers  l’ouest,  dans  l’Afghanistan,  Dost-Mohammed  étaif
mort  en  1803.  Pendant  cinq  ans,  ses  fils  se  disputèrent  le
pouvoir,  qui  resta  enfin  à  Shere-Ali.  Le  neveu  de  celui-ci,
Abd-er-rhaman,  se  réfugia  à  Samarkand,  où  il  vécut  d’une
pension  payée  par  le  tsar.  Shere-Ali,  redoutant  la  puissance
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.