Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LE GRAND EFFORT DES RUSSES. 
321 
58 canons. Elle était peuplée de 30.000 habitants, défendue 
par 7.000 hommes, sous le commandement du plus fameux 
chef turcoman, Tokma-Sadar. Skobelef entoura la ville de 
tranchées, malgré les furieuses sorties des assiégés pour s’y 
opposer. Quand ce fut achevé, l’assaut fut fixé au 12 jan 
vier (1881). Le canon russe ouvrit dans les murs en terre 
glaise de la forteresse de larges et profondes brèches ; 
Skobelef y jeta ses soldats au milieu des Tekkés effrayés de 
la destruction de leurs lignes défensives ; après une terrible 
lutte à l’arme blanche, les Cosaques l’emportèrent, pour 
suivant les vaincus et les sabrant sans pitié. Le soir, ils 
ramassèrent 6.000 cadavres. 
Le retentissement de cette victoire fut énorme. Toute 
résistance en fut abattue parmi les tribus turcomanes. Les 
chefs de villages et Tokma-Sadar lui-même vinrent jurer 
fidélité au quartier-général. 
Les résultats ne se firent pas attendre. Le docteur Lessar 
explora les montagnes voisines, y détermina la route de 
Saraks à Hérat par la passe de Zulfikar, étudia le tracé de 
deux anciens bras de l’Amou-Daria vers la mer Caspienne. 
Le gouvernement russe signa avec la Perse, en 1882, une 
convention par laquelle elle lui abandonnait ses droits à la 
suzeraineté sur Merv. Merv est une des plus anciennes cités 
de l’Asie centrale, un sanctuaire vénéré chez les musul 
mans ; elle est dans une situation géographique impor 
tante, sur le Mourg-ab, qui vient des hauteurs de l’Afgha 
nistan, à peu de distance du Héri-roud, la rivière de Hérat. 
Au milieu d’une oasis fertile, elle a été appelée, avec exagé 
ration sans doute, le grenier de l’Asie centrale. Les con 
quérants mongols y voyaient la clef de l’Inde. Toutes raisons 
suffisantes pour expliquer l’ambition des Russes à son sujet. 
Skobelef y envoya, déguisé en Turcoman, l’un de ses 
officiers, le major Alikhanof, pour en étudier les défenses. 
Mais il n’eut pas la gloire de cette conquête, et mourut en 
juillet 1882. Son successeur, le général Komarof, ayant à 
se plaindre de quelques pillages des cavaliers de Merv, y 
renvoya Alikhanof porteur d’un ultimatum exigeant la sou 
mission immédiate de la ville. Les habitants, effrayés par 
les menaces de l’officier russe qui annonçait l’arrivée d’une 
grande armée, désignèrent des députés pour porter à 
Komarof leur soumission. Il y fit son entrée sans difficulté 
quelques jours après — février 1884. — Au mois d’avril, 
suivant, ce fut le tour de Saraks, sur la route de Hérat. 
E. Driaült. — Question d’Orient. 2i
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.