Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’ISLAM EN AFRIQUE. 
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tiques. Elles prêchent de nouveau, avec la passion des 
premiers siècles de l’Islam, le « djehad» ou la guerre sainte 
aux infidèles, la guerre sans trêve ni merci. Elles rappellent 
les récompenses que promet le Coran aux valeureux guer 
riers du Croissant ; elles menacent le lâche ou le déserteur 
des terribles peines de l’enfer; elles annoncent la venue 
prochaine d’un « Maître de l’heure », qui sera le bras invin 
cible de Dieu pour l’extermination définitive des chrétiens. 
Car les temps sont proches où Dieu a promis le triomphe de 
l’Islam. 
Ces confréries sont nombreuses. Les principales sont, 
dans l’Afrique septentrionale, celles de Sidi-Abd-el-Kader- 
el Djilani, de Si Moulaï-Taïeb, des Aïssaoua et de Sid 
Mohammed ben Aïssa, de Sidi Youcef el Hansali, de Sidi 
Ahmed Tidjani. 
La première est de beaucoup la plus puissante. Elle fut 
fondée jadis par un saint marabout dont le nom est resté 
vénéré dans tous les pays musulmans. Mais elle a été réor 
ganisée en ce siècle par le cheikh Mohammed Ben Ali Es- 
Senoùsi, et elle est désormais plus connue sous le nom de 
confrérie des Senoûsiya. Sidi-es-Senoûsi est né aux envi 
rons de Mostaganem à la fin du siècle dernier. Il contribua 
ardemment à la défense de son pays contre les Français, 
fut chassé de l’Algérie en 1849 et s’établit à Djarboub, dans 
la Cyrénaïque, entre Siouah et Ben-Ghazi, à environ 200 
kilomètres de la côte méditerranéenne. Il y est mort ; mais 
ses descendants sont restés les chefs de la corporation et 
ont continué la propagande contre les « Roumis », 
Leur autorité est reconnue dans tout le monde musulman, 
du lac Tchad à la mer Noire. Ils ont des agences à Boulaq 
en Egypte, à la Mecque, au Maroc, en Algérie, à Constanti 
nople auprès du sultan. Le Ouadaï tout entier est sous leur 
autorité directe. Leurs ordres sont communiqués aux pèle 
rins de La Mecque, qui les portent dans leurs pays, et la 
transmission s’opère avec une rapidité et une assurance qui 
surprirent maintes fois l’Europe et qui expliquent la simul 
tanéité des manifestations du fanatisme islamique d’un 
bout à l’autre de son domaine. « Les Senoûsiya mettent 
ainsi en relations permanentes La Mecque, Djarboub, Stam 
boul ou Bagdad, avec Fez, Tombouctou, Le Caire, Khar 
toum, Calcutta ou Java. Protées aux mille formes, tour à 
tour négociants, prédicateurs, étudiants, charmeurs, saltim 
banques, médecins, ouvriers, mendiants, fous simulés, ou 
E. Dbiault. — Question d’Orient. 22
	        
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