Full text : La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

L’EGYPTE  DEPUIS  1850.

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loppement  et  recouvrit  presque  tout  le  bassin  du  Nil,  marquant ­
  d’avance  la  route  où  devaient  plus  tard  s’engager  les
explorations  et  les  armes  des  Européens.  Méhémet-Ali,  en
1821,  avait  envoyé  Ibrahim  à  la  conquête  de  la  Nubie;  il
avait  soumis  rapidement  Dongolah,  Berber,  Chendy,  le  Kordofan,
  le  Sennaar,  pénétré  dans  la  vallée  du  Nil  blanc  jusqu’au ­
  confluent  du  Sobat,  dans  celle  du  Nil  bleu  jusqu’aux
frontières  de  l’Abyssinie,  fondé  en  1823,  près  du  confluent
des  deux  fleuves,  la  grande  forteresse  de  Khartoum.  Pendant
encore  trente  années,  la  connaissance  du  Nil  ne  fut  pas
poussée  plus  loin  et  ses  sources  restèrent  secrètes.
Des  officiers  anglais  de  l’armée  des  Indes  en  entreprirent
la  découverte  par  la  côte  de  l’Océan  Indien.  En  1858,  Speke
et  Grant  trouvèrent  le  lac  Oukéréoué,  qu’ils  appelèrent
Victoria-nyanza,  et  pensèrent  qu’il  devait  être  le  réservoir
originel  des  eaux  du  grand  fleuve.  En  1864,  sir  Samuel
Baker,  parti  de  la  Basse-Égypte,  réussit  à  remonter  jusqu’au ­
  Louta-nzigué  qu’il  appela  le  lac  Albert,  et  acheva
ainsi  la  solution  du  problème.  Tout  l’honneur  en  revient
donc  aux  Anglais.
Sir  Samuel  Baker  se  mit  au  service  du  pacha  d’Égypte
Ismaïl,  et,  pour  combattre  la  traite  des  noirs,  l’encouragea
à  prendre  possession  des  terres  nouvellement  découvertes.
Il  fut  chargé  lui-même  de  cette  mission  ;  établi  à  la  petite
forteresse  de  Fachoda,  vers  le  confluent  du  Sobat,  il  créa
une  ligne  de  stations  commerciales,  peu  à  peu  occupées
par  des  garnisons  égyptiennes,  Chambi,  Lado  et  Gondokoro,
Fatiko,  et  pénétra  jusque  dans  l’Ouganda,  entre  les  lacs
Albert  et  Victoria.  Le  colonel  Gordon-pacha  acheva  après
lui  l’organisation  de  la  province  de  l’Équateur  et  porta  ainsi
jusqu’aux  sources  du  Nil  la  frontière  de  l’empire  égyptien
(1871-1875).
Dans  le  même  temps,  Ismaïl  annexait  encore  à  son
domaine  les  pays  de  la  rive  gauche  du  Nil,  dans  la  direction ­
  du  lac  Tchad.  Un  aventurier,  Ziher-Rahama,  d’origine
allemande,  parti  vers  l’ouest  pour  chercher  fortune,  s’y
tailla  une  sorte  de  souveraineté  et  prit  le  titre  de  sultan  du
Uar  Fertit.  A  la  tête  d’uns  bande,  il  enleva  à  la  tribu  des
Bagaras  le  poste  de  Schegga,  le  principal  entrepôt  du  eom-Dierce
  des  esclaves  dans  la  région.  Il  attaqua  Brahim,  le
sultan  du  Dar  Four,  le  battit  et  le  tua  à  Monaouashi  (octobre ­
  1874),  établit  sa  résidence  à  Torra.  Derrière  lui,  une
armée  régulière  de  10.000  Égyptiens,  commandée  par
            
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