Full text: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

LES FRANÇAIS DANS L’AFRIQUE OCCIDENTALE. 
369’ 
vraiment de la situation de simple comptoir à celle de co 
lonie, en attendant qu’il devint le noyau d’un empire con 
sidérable. Ce fut l’œuvre de Faidherbe. Saint-Louis était 
alors serrée le long de la côte par les tribus maures de la 
rive droite du Sénégal, et par les Peuls ou Toucouleurs du 
bassin moyen et supérieur de ce même fleuve. Les environs 
de la ville furent assez aisément débarrassés des bandits 
maures qui empêchaient tout commerce avec l’intérieur. 
Mais les Peuls venaient de fonder un empire redoutable 
étendu jusqu’au Niger, sous le commandement d’un auda 
cieux marabout, El-Hadj-Omar. Fanatique musulman, il 
avait entendu parler d’Abd-el-Kader dans ses pèlerinages 
de La Mecque, et il voulait l’imiter, être plus heureux que 
lui, régner en maître absolu sur un vaste empire soumis 
aux lois du Coran. En quelques années, en effet, il terro 
risa les tribus nègres de Niger et du Sénégal supérieur, con 
quit tout le plateau du Fouta-Djalon, et ne douta pas qu’il 
jetterait aisément à la mer les Français du Sénégal. Le 
choc fut rude ; mais le résultat ne se fit pas attendre. EI- 
Hadj-Homar vint mettre le siège devant le fort de Médine 
qui venait d’être construit ; il y parut le 19 avril 1857 ; il 
conduisit à de nombreux assauts ses 20.000 guerriers ; il 
resta quatre-vingt-quinze jours devant le village défendu 
par une centaine d’hommes, sous la direction d’un mar 
chand français Paul H oil et d’un vieux chef indigène Sam- 
bala. Alors Faidherbe arriva en remontant le fleuve sur une 
canonnière, \e Basilic, et, le 19 juillet, infligea au marabout 
une défaite complète à laquelle l’empire toucouleur ne sur 
vécut pas. Faidherbe profita du prestige que lui assura cette 
éclatante victoire pour signer des traités avec un grand 
nombre de rois du pays, pour appeler dans la colonie les 
capitaux et les marchands, pour envoyer vers le Soudan les 
premières missions qui préparèrent la voie à l’expansion 
française. Les onze années de ce gouvernement (1851-1865) 
furent décisives pour l’avenir du Sénégal et de l’empire 
français dans le Soudan. Tant il est vrai qu’il suffit souvent 
d’un homme pour tirer des plus modestes prémices les 
plus merveilleux résultats. 
Le second empire d’ailleurs ne fit pas d’autres efforts 
dans l’Afrique occidentale. Il fut davantage préoccupé de 
l’Egypte et de l’achèvement du canal de Suez ; il eut ainsi 
dans la vallée du Nil des intérêts de premier ordre qui dé 
tournèrent son attention du Sahara ou du Niger. 
E. Driault. — Question d’Orient. 2i
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.