L’ESSOR DU COMMERCE 215
23.000 matelots. Les Catalans créent la leur au xT1r° siècle,
en même temps que les Capétiens, et la France possède
un moment 118, puis 200 vaisseaux avec 20.000 matelots.
La navigation hauturière commence à se développer,
grâce à l’emploi de la boussole, empruntée aux Arabes,
et perfectionnée par des marins siciliens qui imaginèrent
de placer l’aiguille aimantée sur un pivot mobile. Les
Tialiens et les Catalans dressent les premières cartes
marines. Bien que limitée aux six mois du printemps et
de l’été, la navigation s’est accrue dans des proportions
prodigieuses, en dépit du haut prix du fret, de l’incohé-
rence et des variations incessantes des lois fiscales et
douanières.
Les intérêts commerciaux obligent les États à con-
clure entre eux les premiers traités de commerce et les
chrétiens eux-mêmes à négocier des accords avec les
musulmans. Dans les villes étrangères, les puissances mar-
chandes se font concéder des quartiers et des entrepôts,
même, parfois, comme au Levant, des privilèges de juri-
diction, dont le maintien est confié à des consuls et à des
capitaines, ainsi que des sauvegardes et des sauf-conduits.
Déjà s’engage entre les États commerçants une âpre lutte
économique qui détermine souvent l'orientation de leur
politique générale. Le commerce, devenu l’une des grandes
sources de la richesse, attire les éléments les plus éner-
giques et les plus intelligents des povulations de l’Occident.
La prépondérance et la prospérité du commerce de la Médi-
terranée. — La Méditerranée, le berceau millénaire dé la
civilisation, redevient le centre le plus actif des relations
commerciales, au détriment de la voie du Danube, qui, dans
le haut moyén âge, avait serviaux rapports des Occidentaux
avec l'Orient byzantin. Les Croisades ont fait de cette mer
un lac latin, où les républiques italiennes, provençales, lan-
guedociennes, catalanes, ont pu donner libre cours à leur
rivalité. Ces républiques créent partout des comptoirs,