LA MONNAIE MÉTALLIQUE '
France), voient progressivement fondre leurs revenus. Mais
il n’est pas mauvais, mème pour elles, qu’elles aient à se revi-
vifier par des libéralités actuelles et ne puissent se reposer
indéfiniment sur des-charités mortes.
Les conditions que doit remplir
toute bonne monnaie.
Toute monnaie légale doit avoir une valeur métallique rigou-
reusement égale à sa valeur nominale. Tel est le principe
dominant en cette matière (1).
Nous savons que la monnaie a une triple fonction : celle
d’être instrument d’acquisition, instrument de libération,
instrument de ihésaurisation. Toutes trois sont nées de
l’usage, mais elles doivent être sanctionnées par la loi. La loi
seule en effet peut imposer au créancier ou au vendeur l’obli-
gation de recevoir telle ou telle monnaie en paiement. C’est
ce privilège qui constitue ce qu’on appelle le cours légal. Et
l’épargne aussi ne peut trouver de sécurité qu’autant que la
monnaie thésaurisée conservera son cours légal. Mais ce pri-
vilège suppose une condition, celle-là même que nous venons
d'indiquer dans la définition ci-dessus. Voici une pièce d’or
de 20 francs. En faisant graver sur cette pièce le chiffre de
20 francs en même temps que les armes de l’Etat, le Gouver-
nement entend certifier que la pièce a bien réellement une
valeur de 20 frarcs et que chacun peut la recevoir en toute
confiance. Si la pièce n’a pas la valeur qu’il lui attribue,
l’Etat commet un véritable faux. Pendant de longs siècles,
malheureusement, les souverains ont eu peu de scrupules à
(1) Les explications données dans ce ‘chapitre, comme dans celui ci-après
Les Systèmes monétaires, se trouvent avoir perdu beaucoup de leur intérêt
par suite de la disparition de la monnaie métallique de la cireulation. Elles
n'en conservent pas moins une grande importance théorique, et d'ailleurs cette
disparition de la monnaie métallique peut n'être que temporaire.
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