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qui sachent déjà passablement dessiner, afin de pouvoir, en peu d’années
d’études, leur faire acquérir quelque talent.
Le principe adopté par le directeur de cette école est que, pour former de
véritables dessinateurs industriels, il faut faire passer les élèves par tous les
degrés du dessin artistique, de telle sorte qu’ils puissent, dans les combinai
sons si variées et si diverses qu’exige l’industrie, associer convenablement et
avec harmonie tous les genres entre eux, sans qu’il soit nécessaire, comme il
arrive trop souvent, de recourir à un artiste pour la partie architecturale, à un
second pour la figure, à un troisième pour l’ornement, etc.
Quant au mode d’enseignement, il est exclusivement basé sur le dessin d’après
des modèles en relief variés, gradués selon la force des élèves, et s’élevant
depuis les plus simples modelagesjusqu’aux modèles les plus beaux de l'antique
et jusqu’à la nature. L’habile directeur exprime son antipathie pour la copie
des lithographies, en disant que ce n’est pas du dessin, mais delà calligraphie.
D’après ces principes, il a formé pour ses élèves de très-belles et tr^s-com.
plètes collections de modèles.
L’enseignement est réparti en trois divisions : i° le dessin d’ornement; %" le
dessin d’après l’antique; 3° le dessin d’après nature.
Après s’être formés au dessin, les élèves passent au modelage et à la sculp
ture sur bois et sur pierre; puis, lorsqu’ils ont acquis une certaine habileté, ou
les habitue à composer des dessins, à les modeler et à les sculpter.
L’opinion générale des hommes qui se sont occupés des questions d’ensei
gnement, non-seulement en Bavière, mais encore dans les autres parties de
l’Allemagne, est que l’école de dessin de Nuremberg est celle qui a le plus lar
gement contribué aux progrès de 3 industrie de son pays. Ces progrès, au sur
plus, sont bien manifestés par l’amélioration très notable des produits de l’in
dustrie si féconde des jouets d’enfants, qui forme une des principales produc
tions du pays. Depuis un certain nombre d’années la perfection des formes,
celle des objets moulés en terre ou sculptés en bois , dont la fabrique de Nurem
berg a le privilège de fournir les magasins de Paris, nous avaient convaincu
que de grands progrès avaient dù êj-e faits dans l’enseignenY n du dessin, et
nous avons trouvé la justification de cette opinion dans la visne que nous avons
faite à l’école supérieure de dessin de cette ville. L’industrie parisienne, si per
fectionnée pour d’autres parties qui se rattachent aux arts du dessin, est, quant
aux jouets d’enfants, bien inférieure à celle de Nuremberg.
Comme préparation à l’école supérieure de dessin, il y a à Nuremberg une
école élémentaire, qui comprend deux années de cours. Le premier, qui a huit
heures de leçons par semaine, ne s’occupe que du dessin à main levée, en com-