LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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cenee dans la descendance de cespremières colonies, car,
quoique relativement sain, le climat du Pozuzo est chaud
et débilitant ; surtout avec les privations et les fatigues
du début, l’anémie fait son œuvre lente. Sous ^ces in
fluences qui auraient dû être combattues par une alimen
tation plus nutritive et moins végétale, et par des cou
tumes moins sédentaires, le lymphatisme naturel à la race
s’est exagéré. En outre le cercle étroit du mariage en un
nombre réduit de familles originaires des mêmes lieux,
est venu ajouter l’effet de la consanguinité à ces in
fluences débilitantes, que seul, le croisement avec les
races locales acclimatées permettrait de combattre effica
cement. Aujourd’hui que cette colonie est des plus floris
santes, il serait regrettable de conseiller à ces braves
gens de se transporter dans un lieu plus tempéré.
Ces colons se déclarent heureux à présent, car ils sont
moins isolés qu’avant grâce aux routes qui ont pris un
développement relatif. Toutefois, les communications avec
Panao qui est le centre habité un peu important le plus
rapproché (122 kilomètres) et de là à Huanuco (165 kilo
mètres) sont encore longues et difficiles ; à l’heure pré
sente, le chemin de Cumbre Punza à Cuashi rapproche
cette distance de 39 kilomètres.
Ces communications sont, on en conviendra, véritable
ment insuffisantes pour transporter facilement et rapide
ment les produits des cultures, entre lesquelles la coca
a une place particulière ; il est regrettable que l’impôt qui
grève le tabac soit venu priver cette colonie d’une source
de revenus importante. L’issue naturelle des produits du
Pozuzo, serait le Cerro de Pasco, aujourd’hui relié à la
côte par un chemin de fer qui se trouve à une distance
de 170 kilomètres; mais pour l’instant les communications
sont détestables.