LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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ces régions sont surtout jaloux de la réussite des étran
gers, de leur initiative et de leur activité. Un certain
nombre de colons de diverses nationalités se sont établis
sur les rives des rivières navigables ou susceptibles d’être
desservies par un service de navigation fluviale, quel
ques-uns ont réussi à se faire d’utiles auxiliaires des
Indiens sauvages de cette région, généralement portés,
non sans raison, avoir des ennemis dans tout homme de
race blanche, qu’il soit étranger ou Péruvien.
Ainsi, non loin de Puerto Chuchurras, un colon alle
mand, Guillermo Frantzen, réside au milieu d’une impor
tante agglomération d’indiens qu’il a su attirer, et qui
mieux est, retenir, ce qui était plus difficile. Ces Indiens
sont disséminés dans un cercle de plusieurs kilomètres,
car comme ils vivent principalement de chasse, ils ne
Peuvent rester concentrés, mais ils restent en constante rela
tion avec l’établissement et le propriétaire pour lequel ils
ont une véritable vénération, a réussi à obtenir d’eux,
sans grands frais, un travail utile dans ses plantations et
Pas mal de caoutchouc qu’il envoie à Iquitos de temps
à autre. Cet endroit serait très favorable à l’élevage
du bétail.
V. — La colonisation de la Ceja Montana est une
chose possible, mais elle ne pourra se faire avec chances *
de succès que lorsque les voies de communication se
seront multipliées. Les résultats obtenus, quelque allé
chants qu’ils puissent être, ne sont pas assez concluants
e t ne sont que des cas isolés, sur lesquels on ne peut se
baser d’une façon générale. Malgré ses ressources, ses
séductions et ses richesses de toutes sortes, il nous
semble, malgré les opinions contraires, que c’est une
erreur de vouloir, quant à présent, coloniser sans chemin
de 1er des régions si lointaines, même avec le chemin du