LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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sont placés dans des sortes de colombarium encastrés
sur plusieurs rangs dans une muraille épaisse, à la mode
castillane. Très souvent les portraits des défunts sont
placés sous verre à côté de leur inscription funéraire. De
très beaux arbres, des agaves, des massifs de fleurs,
ornent les avenues.
III. —■ Lima, construite dans la fertile vallée du Rimac
où elle peut s’étendre à l’infini, avec au nord, les pre
miers contreforts des Andes, jouit d’un climat excellent
rafraîchi par la brise marine, exempt des grandes pluies
tropicales ; la sécheresse y est à peine atténuée par la
rosée ou brouillard nommé garua. Les nuits y sont
remarquablement douces, et comme nous l’avons dit, pen
dant les mois les plus chauds le thermomètre ne dépasse
pas 30 a 32°, l’hiver il ne descend jamais au-dessous
de -(- 11°. On y jouit donc d’un printemps perpétuel.
Lima serait donc un séjour délicieux si l’hygiène
publique y était moins défectueuse. Le passant attardé,
après dix heures du soir, est exposé à marcher au milieu
des nuages de poussière soulevés par les Chinois chargés
du balayage des rues ; il est de tradition à Lima de
donner comme origine à la tuberculose et aux bronchites
les germes morbides voltigeant ainsi parmi la poucsière
abondante et qui s’introduit dans les poumons. La presse
liméenne livre une guerre acharnée à ses édiles dans le
but de faire modifier cet état de choses, surtout en ce qui
concerne les ordures déposées la nuit au milieu des rues,
les écuries à mulets (muladares) qui entourent la ville. La
presse mène aussi campagne contre ce qu’elle appelle avec
raison des foyers d’infection : les maisons dites de Otaïza
et del Pescante, habitées chacune par plus de 1.000 Chi
nois, empilés dans des locaux étroits et sans air, dans une
promiscuité révoltante. Il jst possible que cette critique
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