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CHAPITRE II
Les pecbeurs de thon de la baie de Prélucca. — Voloska. — La villa Angolica à l’Abbazzîa —
Ma visite a la fabrique de torpilles de M. Whitehead. — M. le chevalier Sivel. — I.e port de
mine. I romenade en mer. — L’ile de Véglia. — P>uceari. — Segna, la ville des Uscoques.
— Retour a Fiume. 1
M. Scarpa m’avait parlé de l’Abbazzia
comme d’une des merveilles des environs
de Fiume. Cette magnifique propriété appar
tenait autrefois à un de ses parents; mais
dans le tableau tpi il m’en faisait, il ne
m’avait pas paru y avoir aucune vanité de
famille. Nous avions donc pris rendez-vous
pour le lendemain de bonne heure, devant
le café de l’Hôtel de 1 Europe. Se lever
matin, c’est la première règle de l’art de
voyager. Notre cocher de la veille, qui por
tait des boucles d oreilles d’or, nous atten
dait sur la place avec sa voiture. Nous
prîmes la route opposée à celle de Martin-
sciça, route qui, elle aussi, borde d’un blanc
ruban des coteaux verts et longe délicieuse
ment F Adriatique. Nous dépassâmes la gare,
l’École navale austro-hongroise et la fabrique
de torpilles de M. Whitehead; puis nous nous trouvâmes en pleine cam
pagne. Le soleil venait de se lever, les fleurs s’épanouissaient sous ses
caresses, et la mer avait comme un long frémissement de plaisir. Nous che
minions à travers des futaies verdoyantes, au pied desquelles les vagues
attachaient leurs franges d’écume; du côté de la terre, des lauriers, des
citronniers, des grenadiers se dressaient en haies touffues, baignées de sen
teurs exquises. Les îles, le golfe, les promontoires, les montagnes aux gra-
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A Volosha.