4 LK PÉROU ÉCONOMIQUE
dans les mines. L’agriculture, complètement délaissée, fut
ruinée.
III. — Après divers soulèvements indigènes qui furent
noyés dans le sang, les créoles, durement opprimés par la
mère-patrie, s’agitèrent et à l’exemple des autres posses
sions espagnoles, tentèrent de conquérir leur indépendance
pendant les premières années du xix e siècle. Plusieurs in
surrections furent étouffées et réprimées avec énergie ; enfin
grâce à l’appui des jeunes républiques voisines, le Pérou
secoua le joug de l’Espagne, en 1821, après les batailles de
Juiiin et de Ayacucho. Toutefois, ce n’est qu’en 1825 que
l’indépendance du Pérou fut définitivement proclamée.
C’est à Simon Bolivar, le libérateur, que les Péruviens
doivent leur indépendance ; son lieutenant, le général
Sucre, fut le véritable fondateur du Haut-Pérou qu’il
érigea en république indépendante sous le nom de
Bolivia.
Malheureusement l’existence de cette jeune nation fut
très souvent agitée par des convulsions politiques qui
entravèrent assez fréquemment son développement. De
1870 à 1879 le Pérou traversa une véritable ère de prospé
rité ; c’est pendant cette période de paix que furent entrepris
un grand nombre de travaux d’utilité publique, parmi
lesquels plusieurs lignes ferrées, choisies à tort et à travers
peut-être, mais dont deux sont d’une utilité incontestable.
IY. — Cet essor fut arrêté par la funeste guerre dite
du Pacifique ; le Chili, vainqueur, enleva au Pérou deux de
ses plus riches départements, Tacna et Arica, avec Tara-
paca et l’Atacama, soit près de 130.000 kilomètres carrés.
Cette occupation était limitée à dix années, après les
quelles un plébiscite devait désigner à quelle nation ces
provinces revenaient définitivement ; l’état favorisé était
obligé de payer à l’autre une indemnité de dix millions