Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

platine  y  aurait  été  découvert  récemment  (1).  Cependant,
des  milliers  de  ces  mines  restent  inconnues,  inexploitées
ou  abandonnées,  faute  de  ressources  suffisantes  et  de
moyens  de  transport  et  de  communication,  si  bien  que
toute  cette  richesse  minière  contribue  pour  bien  peu  à  alimenter ­
  le  budget  de  l’Etat  et  que  le  Pérou  ne  joue  qu’un
rôle  insignifiant  parmi  les  nations  productrices  de  minéraux. ­

II.  —  Lorsqu’on  sait  que  pendant  l’époque  de  domination
espagnole  jusqu’à  1803,  plus  de  dix  milliards  de  francs  de
minerais  d’or  et  d’argent  furent  extraits  du  sol  péruvien  et
qu’à  cette  époque  près  de  deux  cents  mines  de  ces  métaux
fonctionnaient  encore,  on  a  de  la  peine  à  s’expliquer  la
décadence  ou  plutôt  l’état  de  stagnation  actuel  de  l’industrie ­
  minière  au  Pérou.
Cet  arrêt  dans  la  production  est  surtout  dû,  en  outre
des  motifs  déjà  énoncés,  au  défaut  de  connaissances  géologiques ­
  du  territoire,  à  l’empirisme  qui  préside  aux  exploitations ­
  et  aux  procédés  routiniers  employés  dans  la  fonte
et  l’amalgamation  des  métaux.  Sauf  quelques  mines
appartenant  à  de  fortes  sociétés,  toutes  les  autres  ne  sont
exploitées  qu’à  la  surface  et  suivant  la  richesse  métallique
des  minerais.  Le  travail  s’opère  sans  méthode,  sans  plan
ni  étude  préparatoire  des  filons  ou  couches  ;  aussitôt  que  les
galeries  commencent  à  être  inondées  et  que  l’eau  ne  peut
être  épuisée  à  l’aide  de  seaux,  l’usage  de  la  pompe  étant
peu  répandu,  la  mine  est  abandonnée.  L’arrêt  des  travaux
dans  d’autres  exploitations  telles  que  celles  de  Cerro  de
(1)  Sans  être  aussi  nombreuses  qu'en  Colombie,  on  rencontre  aussi  au
Pérou  des  mines  d’émeraudes,  surtout  dans  le  département  d’Arequipa,
où  elles  sont  l’objet  d’un  commerce  important.  On  trouve  aussi,  dans
diverses  provinces,  une  pierre  assez  curieuse  nommée  piedra  de  gallinazo
  ou  pierre  de  vautour  (urubu).  C’est  une  sorte  de  vitrification  volcaniqué
  qui  sert  comme  parure  de  deuil.
            
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