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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
de débarquer sur ce point, car, nous l’avons dit, sur toute
la côte la houle déferle avec force.
Le débarquement s’opère sur un énorme radeau, qui
obéissant aux flots, monte à mi-hauteur du pont du pa
quebot, puis redescend trois mètres au-dessous.
Un par un, les passagers prennent place dans un
tonneau défoncé d’un bout, coupé parfois sur une des faces
et suspendu au bout d’un palan; les marins choisissent
avec adresse le moment ou le radeau descend avec la
vague. Malgré cette précaution et tous les soins apportés
par l’équipage, il arrive trop souvent que le tonneau se
rencontre avec le radeau ; le voyageur en jaillit alors comme
d’une boîte à ressort s’il ne s’est pas solidement cram
ponné.
Lorsque la primitive embarcation se trouve chargée, elle
prend le chemin du rivage, secouée par les flots qui inon
dent les voyageurs et les ballots. L’arrivée à terre se mani
feste par un choc formidable qui renverse tous ceux qui
n’ont pas eu la précaution de se coucher. C’est trempé
comme plusieurs barbets que l’infortuné voyageur fait son
entrée dans la petite ville de Salaverry.
Santa et Chimbote sont deux ports réunis au milieu d’un
désert de sable ; c’est pourtant là le centre de fermes ma
gnifiques. — Chimbote est un port presque fermé par la
nature, c’est une des baies les meilleures et les plus pro
fondes de la côte péruvienne. Il a dix kilomètres de long et
six de large. Il n’existe pas un seul rocher dans cette baie,
merveilleusement protégée des vents de l’ouest et du sud
qui régnent sur cette côte. Les plus grands navires y
peuvent jeter l’ancre jusqu’à cinq cents mètres du rivage.
Ce port, qu’il est regrettable de voir négligé par le gouver
nement péruvien, est situé à 2.000 kilomètres environ au
sud de Panama et à 2.500 au nord de Valparaiso.
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