■H
46
LE PEROU ÉCONOMIQUE
Lima présente un aspect singulier; de tous côtés, ce ne
sont que toits plats, d’où émergent les clochers multi
colores des églises et des couvents. La ville possède
près de quatre-vingts églises ; aussi rencontre-t-on des
prêtres et des moines de toutes couleurs : Padres de la
Merced (Pères de la Merci), des franciscains, des domini
cains, des lazaristes, des capucins, des augustins, etc.
La plupart de ces moines portent des vêtements indiquant
la misère où sont tombés tous ces ordres qui, d’après la loi,
doivent disparaître par extinction.
Sauf la cathédrale dont l’extérieur est réellement impo
sant, aucune des églises de Lima ne présente d’intérêt sé
rieux ; leurs façades sont surchargées à l’excès de sculp
tures coloriées, leurs clochers sont badigeonnés de bleu,
blanc ou rose.
Les maisons de Lima sont en général commodes et
spacieuses, mais pour résister aux terremotos (tremble
ments de terre) les Péruviens ont adopté des constructions
d’une grande élasticité et légèreté. Si l’on se laisse aller de
temps en temps à bâtir en pierres et en briques des
maisons d’un et deux étages, rarement trois la grande
majorité ne sont composées que d’un rez-de-chaussée, et
la boue, le pisé, les roseaux forment l’élément principal
de la construction. Tous les toits sont en terrasses.
La poussière, qui remplit l’atmosphère en toute saison,
se dépose sur les murailles, elle s’accumule sur les saillies,
de façon que toutes les constructions finissent par pro
duire l’illusion de monuments solides et sérieux, offrant
l’aspect de la pierre de taille et du marbre.
Il est à remarquer que dans certains milieux, il se
fait une guerre acharnée contre la façon de construire en
honneur à Lima; on voudrait tout particulièrement sup
primer les mortiers et enduits plus ou moins odorants dans