COMMENT SE RÈGLE LA PRODUCTION
lement se communique d'une industrie à l’autre et d’un
pays à l’autre, ce qui suppose donc l’action de quelque cause
générale sur laquelle les économistes ne sont pas d'accord.
Mais en outre de ces caractères généraux, voici les trois
signes révélateurs qui annoncent et précèdent les crises :
a) Hausse des prix, laquelle manifeste l’activité de la con-
sommation, l'abondance du numéraire et les facilités du
crédit ;
b) Hausse du cours des valeurs mobilières, surtout des
actions, laquelle signifie activité des entreprises, augmenta-
tion des profits et des dividendes ;
c) Hausse des salaires, laquelle implique l’activité du mar-
ché du travail, l’accroissement de la demande de main-
d’œuvre.
Mais la crise consiste précisément en ceci qu’à un moment
donné, par quelque cause mystérieuse, tous ces mouvements
changent de sens, les lignes ascendantes deviennent brus-
quement descendantes. Et ce sont alors les symptômes
inverses de ceux que nous venons d’indiquer :
a) Baisse des prix, révélatrice de la dépression de la
consommation, de la raréfaction de la monnaie, de la dispa-
rition du crédit;
b) Baisse du cours des valeurs, révélatrice de l’effondrement
des profits et des dividendes, de la faillite pour les entre-
prises les plus aventurées, baisse qui est accompagnée par
l’élévation du taux de l’escompte ;
c) Baisse des salaires, révélatrice de l'arrêt de la produc-
tion, de la cessation de la demande de main-d’œuvre, de
l'imminence du chômage.
C’est le passage de l’état d'activité à l’état de dépression
qui marque le moment de la crise, moment qu’on peut fixer
parfois avec une telle précision qu’on peut indiquer le jour
et presque l’heure, mais qui d’autres fois s’espace sur une
durée plus longue et laisse une certaine indécision même
quant à la date de l’année.
2° Les causes. — C’est Stanley Jevons qui, le premier, avait
remarqué que, dans le cours du xix® siècle, les crises
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