CHAPITRE III.
La formation du prolétariat.
L’accroissement (le la population, dont on a déjà
vu l’influence sur le développement de l’industrie, a
contribué aussi à la formation du prolétariat.
Il a provoqué le défrichement des biens communaux
et s’il est vrai que la confiscation de ces terres en
Belgique ne s’est pas opérée aussi brutalement qu’en
Angleterre, on constate cependant de bonne heure la
diminution de leur superficie.
Dans l’ouest de la Belgique, où l’industrie et le commerce
avaient fait surgir de populeuses cités, l’agriculture
se perfectionna et la plupart des communaux
disparurent dès le moyen âge. Dans la région sablonneuse
de la Campine et au-delà de la Meuse, dans la
région ardennaise, le défaut de communications et l’absence
de grandes villes ont eu pour résultat la conservation
de l’ancien système de culture. En 1816,
l’étendue de ces biens communaux non boisés comprenait
encore 162.896 hectares, dont 80 000 pour la région
campinoise et 80.864 pour la région ardenaise (1 ).
(1) E. dk Lavkleye. De la propriété et <le ses formes primitives. Paris,
4900. p. 231 et ss.