Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

(1  )  E.  Vandervelde.  La  propriété.  1.  c.  p.  162.

FORMATION  DU  PROLETARIAT

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Nous  voyous  donc  combien  le  nombre  des  ouvriers
occupés  dans  les  forêts,  à  charrier,  à  couper  le  bois,
à  préparer  le  combustible,  etc.,  dépassait  celui  des  ouvriers ­
  travaillant  dans  les  établissements  fermés.
Dans  la  foret  de  Soignes,  le  Gouvernement  occupait
au  XVIII e  siècle  pendant  cinq  mois  d’hiver  800  à  1000
ouvriers  à  élaguer  et  à  repeupler  la  forêt.  Les  habitants ­
  des  localités  voisines  avaient  le  droit  d’y  ramasser ­
  le  bois  mort  ;  un  grand  nombre  de  fermes  y  envoyaient ­
  pâturer  leurs  bestiaux,  moyennant  une  redevance ­
  en  avoine.  Enfin,  elle  fournissait  au  domaine
rural  d’énormes  quantités  de  bois  et  de  charbon.
Mais  la  forêt  fut  négligée,  ravagée  et  plus  tard,  par
ordre  de  Napoléon,  livrée  à  des  coupes  dévastatrices.
22.000  chênes  furent  abattus  pour  la  construction  de
la  flotille  de  Boulogne.
Sous  le  régime  hollandais  ce  fut  pis  encore  ;  la  forêt
de  Soignes  tout  entière  et  presque  toutes  les  forêts  du
royaume  passèrent  dans  le  domaine  privé  (1).
Ainsi,  le  changement  des  conditions  économiques
priva  un  grand  nombre  d’individus  des  moyens  d’existence ­
  que  leur  fournissaient  jusqu’alors  les  forêts  et
les  biens  communaux.
A  cette  armée  de  prolétaires  formée  de  ces  travailleurs ­
  dépossédés  s’ajouta  l'exédent  de  population.  En
1782  déjà,  le  Voyageur  dans  les  Pays-Bas  cité  plus
haut  écrivait  que  les  campagnes  avaient  le  nom ­
            
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