GENESE DÛ CAPITAL INDUSTRIEL • 123
de la vente le charbonnage dit de la Chartreuse qu’il
conserva jusqu’en 1837.
La famille Braconnier' s’enrichit aussi par l’achat des
biens ecclésiastiques. A. J. Braconnier, juge au Tribunal
civil, fondateur de la famille, acquit le 12 brumaire
au VI les terrains du couvent de Saint-Laurent, où il
commença à exploiter la houille (1).
Mosselmann, qui fournit des capitaux à la Vieille
Montagne, avait considérablement augmenté une petite
fortune acquise dans le commerce des grains, en achetant
les biens ecclésiastiques dans le voisinage de
Villers-la-Ville (2).
Le fabricant d’armes Gosuin, qui plus tard participa
activement à la fondation de beaucoup d’établissements
industriels de Liège, s’enrichit par l’achat des biens
noirs. L’archiviste liégeois Gobert m’a raconté que lors
de l’adjudication, il avait placé devant l'hôtel de ville
ses hommes qui empêchèrent l’ent v ée de tout concurrent.
Il put ainsi obtenir les biens exposés à la vente
pour un prix minime.
La rente foncière, accumulée par les couvents et
abbayes, passa ainsi entre les mains bourgeoises et
féconda l’industrie naissante.
Je suis convaincu que si l’on écrit un jour l’histoire
de la vente des biens nationaux en Belgique, on trouvera
bien d’autres fortunes ayant cette origine. L’in-(1)
Ib. v. II. p. 149-(2)
Je dois ce renseignement à M. Warnotte, Chef du Service de la
Documentation à l’Institut de Sociologie.