Full text : L'évolution industrielle de la Belgique

254  ÉVOLUTION  INDUSTRIELLE  DE  LA  BELGIQUE

d’avantages,  que  les  travailleurs  préfèrent  la  sécurité
de  l’industrie  privée  et  abandonnent  l’atelier  à  des
auxiliaires  salariés  (I).
En  Allemagne,  malgré  une  propagande  de  60  ans,
les  résultats  sont  nuis.  Le  nombre  des  membres  des
syndicats  d'achat  (Rohstoffgenossenschaften)  était  en
18o9  de  764  ;  en  1900,  de  618  ;  celui  des  syndicats
de  vente  (gewerbliche  Magazingenossenschaften)  de  181
en  1863  et  de  163  en  1900  (2).  Des  255  syndicats  de  production ­
  13  seulement  envoyaient  des  renseignements
au  «  Verband  «  qui  centralise  tout  le  mouvement.  En
réalité,  même  ces  13  syndicats  ne  peuvent  pour  la
plupart  être  considérés  comme  des  associations  d’artisans. ­

Voilà  comment  se  présente  le  mouvement  syndical
parmi  les  artisans  dans  les  deux  pays  capitalistes.
Y  Angleterre  et  Y  Allemagne,  ou  tant  d’efforts  furent
tentés.
Ce  mouvement  devait  échouer,  car  il  ne  tenait  pas
compte  du  fait  que  la  solidarité  est  la  conséquence
des  intérêts  économiques  communs,  et  qu’elle  ne  peut
pas  être  créée  artificiellement  là  où  ces  intérêts  sont
en  opposition  comme  chez  l’artisan.
«  Entre  petits  patrons,  entre  artisans,  écrit  à  ce
propos  Albert  Dessart  en  parlant  des  menuisiers-charpentiers ­
  de  Liège,  nulle  solidarité  d'intérêts...  Un  entrepreneur ­
  n’est  pas  le  confrère  d’un  autre,  mais  son
(1)  Ib.  p  167.
(2)  W.  S.ombart  :  Der  moderne  Kapitalismus,  1.  c.  v.  II,  p.  554.  Voir
aussi  l’intéressant  chapitre  35.  Der  Traum  der  Handwerksgenossenschaften,
  p.  544-560.
            
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