278 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
L’infériorité de l’industrie à domicile est donc mani
feste. Examinons cependant de plus près sa lutte avec la
fabrique.
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Le grand mérite de 1’ ((Enquête sur les industries à
domicile» consiste dans la preuve qu’elle a donnée de
la disparition fatale de cette forme de production. La
plupart des enquêteurs sont d’accord sur ce fait.
Le nombre des dentellières est tombé de 150.000, en
1875, à 47.000, en 1893 (1). La dentelle s’est presque
retirée des villes et déjà dans les campagnes les femmes
commencent à lui préférer tout autre métier ; seules
les vieilles demeurent attachées à leur carreau et avec
quelques lamentations sur le bon temps où l’on gagnait
gros, elles font encore le travail sur leurs genoux (2).
Le nombre des tisserands de lin évalué, en 1810, à
74.700 n’était, en 1896, que de 10.000 (3). Depuis lors
ce nombre est fortement entamé (4).
Dans l’industrie du tissage de la laine, la plupart
des tisserands sont d’un âge avancé ils ont conscience
de la décadence de leur métier (5).
Dans le tissage de coton, plusieurs fils d’anciens
tisserands refusent de reprendre le metier de leur père
et préfèrent s’embaucher à l’usine ; d’autres après un
(1) Ib. v. V., p. 219.
(2) Ib. v. IV. p. 279.
(3) Ib. v. II, p. 181
(4) Ansuux ; Que faut-il faire de nos industrie à domicile ? 1904, p.
15.
(5) Office du travail. Ind. à dom. v. VI. p, 18.