304 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
d’un ordre différent, il est clair que toutes les tenta
tives, ne tenant point compte de ce fait, ont dû naturel’
lement échouer.
Marx nous en donne un exemple. « A Coventry,
dit-il l’essai de Cottage Factories (fabrique dans des cot
tages) se développa d’une manière spontanée pour le
tissage de la soie. Au milieu de rangées de cottages
bâtis en carré, on construisit un local dit Engine-
Ilouse (Maison-machine) pour l’engin à vapeur mis en
communication par des arbres (Scliûfte) avec les métiers à
tisser. Dans tous les cas, la vapeur était louée, par exem
ple à 2 1/2 sh. par métier. Ce loyer était payable par se
maine, que les métiers fonctionnassent ou non. Chaque
cottage contenait de deux à six métiers, appartenant aux
travailleurs, achetés à crédit ou loués. La lutte entre la
fabrique de ce genre et la fabrique proprement dite dura
plus de douze ans ; elle se termina par la ruine complète
des trois cents Cottage Factories » (1).
Est-ce que les nouvelles expériences, faites avec des
moteurs électriques, furent couronnées d’un plus grand
succès ? Nous pouvons répondre à la question en nous
basant sur une enquête très intéressante qui fut en
treprise par le gouvernement belge. Eu 1902, l’Office
du Travail envoya un de ses fonctionnaires M. Julin
et M. le Professeur Dubois en Suisse, à Lyon et Saint-
Etienne, pour étudier les résultats de l’emploi des mo
teurs électriques dans les industries à domicile. Les
deux enquêteurs, en commençant leurs études, étaient
(I) Karl Marx : Le capital, 1873, Paris, p. 199.