CAUSES DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE '7
qui, pour les tissus de lin, n'était pas assez puissante
pour pousser à des efforts énergiques. Aussi les salaires
des fileuses restèrent-ils si bas qu’aucun procédé
mécanique ne pouvait leur faire la concurrence il).
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La fin du régime français et l’union de la Belgique
à la Hollande furent d’abord funestes à l’industrie
belge. Des droits de douane peu élevés remplacèrent
le système prohibitif de Napoléon. L’industrie cotonnière
en subit le contre-coup (2). Beaucoup d’ouvriers
cotonniers gantois quittèrent alors la ville et allèrent
s’établir dans le Nord de la France, où 1 industrie
était devenue très prospère et où l’on mettait tout en
œuvre pour les attirer. Le Havre, Tourcoing et Roubaix
surtout prirent un grand développement industriel
(3).
Mais bientôt, l’industrie belge commença à se relever.
Une forte protection lui fut assurée dans les colonies
(1) Voici ce qu’écrivait à ce sujet Liévin Bauwens en 1808; « Pour
la filature du lin, il reste encore bien des problèmes à résoudre.
11 y a quelques années que je faisais marcher plusieurs mécaniques
dans ce genre de filature tant à fil mouillé qu'à fil sec. dont la
chaîne était parfaite. J’en ai fourni au commerce pour des sommes
considérables. Mais les résultats m’ont prouvé qu’aucune filature de
cette espèce, la mieux combinée et la plus économique, ne peut
aller en concurrence avec le bas prix auquel les habitants de la
campagne peuvent filer à la main dans tous les pays où ce végétal
est cultivé « (observations sur une lettre de François de Neufchâteau,
s. c.)
(2) Fr. Basse : Opinion émise sur la situation de l’industrie cotonnière
en Belgique, 1841, p. 3-(3)
L. Varlez ; s, c. v. I, p. 36.