80 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
bla en effet, au premier moment, que cet événement
historique l’avait mortellement atteinte. Une panique
traversa tout le pays.
« Avant 1830, écrit encore 10 ans après la Révolu
tion un contemporain, la Belgique unie à la Hollande
marchait d’un pas ferme et assuré vers une prospérité
certaine. Depuis la séparation, le commerce a dépéri,
l'industrie s’éteint et toutes les sources de bien-être
tarissent » (1).
Des documents officiels prouvent que ces paroles, un
peu exagérées, contenaient un fond de vérité.
« Les événements de 1830, dit le Rapport de la Chambre
de Commerce de Mons pour les années 1829-30,
privèrent subitement les houillères de notre arrondissement
d'un débouché fort important, en leur fermant
la frontière de la Hollande. Les distilleries de Schiedam,
de Rotterdam, des raffineries du sucre de Dordrecht
cessèrent aussitôt de s’approvisionner en Belgique
« (2).
Sous le coup des événements de 1830, Seraing se
dépeuple. Il ne restait, en 1831 et 1832, dans les usines
que quelques groupes d’ouvriers, se demanlant chaque
matin si les portes leurs seraient ouvertes (3). La
période de 1830 à 1833 fut pour l’industrie charbonnière
du bassin de Liège, de même que pour celui de Mons,
une époque de grande détresse (4).
(1) A. Peeters : Mémoire sur l’enquête provoquée par la proposition
de l'honorable M. Defoere. Anvers, 1840, p. 15.
(2) Manuscrit.
(3) P. Jacquemin : Notice sur l’établissement Cocteiill, 1878 p. 13.
(4) Franquoy : s. c. p. 407.