. AVANT-PROPOS
compte rendu de ce livre, un critique, qui est socialiste,
nous reprochait d’avoir adopté la théorie de la valeurutilité
alors que nous reconnaissions qu’elle satisfaisait
beaucoup moins la morale que celle de la
valeur-travail : il faut, disait-il, préférer la doctrine
de la valeur-travail, « parce qu’elle est une arme pour
le prolétariat ». Loin de nous une telle méthode !
Jamais, en recherchant l’explication d’un fait, la solution
d’un problème, nous ne nous sommes préoceupés
de savoir si elle pouvait servir ou desservir telle ou
telle cause qui nous serait chère, ni quel aspect aurait
la vérité quand elle serait dévoilée.
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Je crois devoir avertir que ce livre n’est pas uniquement
ni même principalement un manuel pour examens.
L’auteur a eu surtout pour but de donner aux
étudiants le goût des études économiques par une
vision claire de ce vaste monde et des efforts passionnés
que font les hommes pour faire tourner les conjonctures
économiques au mieux de leurs intérêts privés —
quelques-uns, au mieux de l'intérêt public.
La guerre n’a nullement, comme on l’a dit, démontré
l’inanité des prévisions de l'Economie politique ; elle
les a généralement confirmées, parfois, comme dans
l’infiation, prodigieusement amplifiées. Ses enseignements
s’imposent comme de plus en plus nécessaires.
dans la vie des peuples, aussi bien pour les vieilles nations
à demi ruinées qui se relèvent péniblement du
fond du gouffre, que pour celles nouvellement créées
qui cherchent encore leur voie.
Cette édition a été remise à jour pour les faits nouveaux
et les chiffres. Toutefois, comme à l’heure actuelle
ils changent si vite qu’on ne peut y tenir pied,
nous prions les lecteurs de ne pas négliger de se reporter
à l’Appendice.
Charles GIDE.
iv
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