LA CONCENTRATION DE LA PRODUCTION 2.3
tages de la grande production ? La loi de concentration n’implique
pas nécessairement la mort des petits, pas plus que
dans l’ordre politique elle ne doit supprimer les petits pays,
mais elle doit aboutir à leur fédération.
Mais ce sont là des appréciations et prévisions a priori
qui sont peut-être dictées par les opinions et les espérances
de chacun ; que disent les faits ?
Rien de bien clair. On peut toujours retourner les statistiques
: chaque école y trouve plus ou moins ce qu'elle cherche.
Voici cependant ce qui paraît incontestable.
Dans l’ensemble le nombre des entreprises ne tend pas à
diminuer mais plutôt à augmenter.
Néanmoins, il ne faut pas se hâter de conclure que la loi
de concentration se trouve démentie par les faits. Il suffit
d’examiner les chiffres de plus près.
D'abord, il n’y a pas à s’étonner que le nombre des entreprises
augmente régulièrement dans toute société progressive.
Nous avons vu qu’une des manifestations du progrès
économique est la multiplication des besoins : or, chaque
besoin nouveau fait surgir une industrie nouvelle. Il n’y a
rien là qui soit en contradiction avec la loi de concentration.
Mais si, au lieu de faire le recensement de toutes les entreprises
en bloc, on observe séparément chaque genre d’industrie,
alors on voit apparaître clairement le résultat
prévu, à savoir la diminution progressive du nombre des etablissements
en même temps que l'augmentation de la production
globale. Ce double mouvement est particulièrement
marqué dans certaines industries ou commerces, tels que
mines, métallurgie, transports maritimes, banques, commerce
de nouveautés, etc.
Les loi de concentration se révèle de même, sans faire
cette discrimination des industries et à ne prendre que les
chiffres globaux, si l’on met en regard du nombre des établissements
le nombre des ouvriers employés, le chiffre des
capitaux engagés et la valeur des produits. Alors on voit
qu’à chaque établissement correspond un plus grand nombre
z1C