2 PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
par elle que se fait toute demande. Disons donc que si cha-
cun vient à posséder deux fois plus d’argent, la demande de
tout produit doublera et le doublement de la demande déter-
minera le doublement des prix.
Cette loi, désignée sous le nom de théorie quantitative de la
monnaie et dont la découverte fut un des titres de gloire de
Ricardo, se trouve aujourd’hui très discréditée.
C’est le sort de toutes les théories dites classiques. Admi-
rées d’abord, on finit par trouver qu’elles ne serrent pas
d’assez près la vérité et ne sont que grossièrement approxi-
matives. Puis viennent les économistes critiques démontrant
qu’elles sont totalement inexactes. Tel a été le sort de la
théorie fameuse de l’offre et de la demande (voir ci-dessus,
p. 249). Celle-ci avait pourtant du bon, à telles enseignes
qu’on ne peut guère s’en passer dans le langage courant. Il
en est de même de la théorie quantitative de la monnaie.
Sans doute, si on la prend dans un sens absolu, si l’on affirme,
comme nous venons ‘de le faire, que toutes les fois que la
quantité de monnaïe ‘doublera les prix doubleront, on ris-
quera de recevoir des faits un démenti, car la quantité de
monnaie n’est qu’un des facteurs qui agissent sur les prix et
il y en a d’autres, comme nous allons le voir. Mais il est indé-
niable que c'est tout au moins un de ces facteurs et même le
plus important. L'économiste a parfaitement le droit, tout
comme fait l’expérimentateur, de ne regarder qu’à l’une des
causes d’un phénomène, en faisant abstraction de toutes les
autres. Donc, pour restituer aux formules ci-dessus énoncées
leur vérité, il suffit d’ajouter cette réserve «toutes choses
égales d’ailleurs» et c’est bien ainsi que l’entendaient les
économistes classiques qui l’ont d’abord énoncée. Ils n'étaient
pas assez aveugles pour ne pas voir que d’autres causes
agissaient sur la monnaie — sans parler même de celles qui
agissent sur les marchandises — ‘et ‘qu’elles peuvent se
neutraliser.
Ce n’en ‘est pas moins un fait universellement constaté
que partout où la monnaie est surabondante les prix sont
très élevés. Dans toutes les régions où sont les mines d’or
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