L’ÉCHANGE LT
agissent sur la valeur de marchandise quelconque qui est
sur le marché.
En ce qui concerne les causes spéciliques qui agissent sur
la valeur de la marchandise, elles échappent à toute classifi-
cation générale, car chaque marchandise subit l'effet de
causes qui lui sont propres et qui sont innombrables — tout
événement, non seulement d’ordre économique mais d’ordre
politique ou même moral, se répercutant sur les prix. S'il
y a une hausse du blé, ou du caoutchouc, ou des loyers,
ou des tableaux de maîtres du xvirre siècle, il faudra cher-
cher séparément pour chacune de ces richesses quelles
sont les causes qui ont pu influer sur leur valeur et ces
causes n'auront aucune relation nécessaire entre elles.
Mais au contraire si nous regardons à l’autre terme du
rapport, la monnaie, nous pouvons formuler des proposi-
tions générales et qui s'appliqueront à tous les cas, puisque
la monnaie est le commun dénominateur de tous les prix.
Or, nous voyons quatre causes qui peuvent faire varier la
valeur de la monnaie, dont trois agissent parallèlement et la
quatrième en sens inverse.
a) La plus ou moins grande quantité de numéraire est le
principal élément qui agit sur la valeur de la monnaie. On
peut donc poser cette seconde loi, symétrique à celle de
tout à l'heure : toute variation dans la quantité de monnaie
entraîne une variation directement proportionnelle dans les
prix. Si la quantité de monnaie vient à doubler, il faut donc
conclure de cette formule que, toutes choses égales d’ail-
leurs, les prix doubleront. Pourquoi ? Parce que la monnaie
subit la loi commune qui veut que toute marchandise se
déprécie par l’abondance et renchérisse par la rareté. Si
donc le nombre de pièces vient à doubler, chacune perdra
la moitié de sa valeur, ce qui veut dire qu’il faudra en
donner deux au lieu d’une pour acquérir le même objet.
On peut présenter la démonstration autrement, car
l'échange n’est pas une simple comparaison comme une
pesée et la monnaie n’est pas seulement un instrument pour
mesurer : elle est aussi un instrument d'acquisition ; c’est
Give. P. R. 25e édition.
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