LA CHUTE DE L’EMPIRE GREC.
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La première moitié du xiii® siècle fut en effet le temps de
l’extraordinaire épopée des Mongols du Tchinguiz-khan.
Témoudjine, chef de quelques tribus turques de l’Amour
supérieur, réussit, à la fin du xii® siècle, à grouper autour de
sa bannière, de gré ou de force, en affectant de combattre
pour le service des empereurs de Chine, les populations
du Gobi et des bords du Hoang-ho. Puis, quand il se vit
assez fort, à la tête d’une cavalerie solide, commandée par
des chefs jeunes et indomptables, comme Djébé et Sou-
boutaï, il planta à Karakoroum l’étendard des Mongols
bleus, et prit le titre de Tchinguiz-khan, ou Seigneur Invin
cible, Autocrate. Alors ce fut du Pacifique à l’Europe cen
trale une merveilleuse chevauchée. La Chine du nord fut
conquise, avec la Corée, avec Péking. Vers l’ouest, la porte
de la Dzoungarie fut franchie, par la victoire du Tchou (1207).
Boukhara, Samarcande furent enlevées dans le galop de ces
intrépides guerriers; la Caucasie fut soumise, le Caucase
traversé, les tribus russes vaincues sur les bords de la Kalka
(1223). Cet empire, né tout d’un coup, terriblement grand
en quelques années, semblable aux tempêtes de sable qu’un
coup de vent soulève dans le désert et jette sur les cara
vanes surprises, paraissait capable d’écraser musulmans et
chrétiens.
La tempête tomba aussi vite qu’elle s’était formée. Le
Tchinguiz-khan mourut en 1226 ; son empire se démem
bra ; son petit-fils Batou resta maître des steppes de la
Russie et établit à Saraï, sur la Volga, son camp de la
Horde d’or. Parmi les héritiers du conquérant, le parti chi
nois l’emporta sur le parti turc ; Péking fut leur capitale et
non plus Karakoroum, et l’effrayant fracas de la conquête
mongole s’éteignit dans l’Extrême Orient.
111. — La chute de l’empire Grec.
L’empire grec, restauré en 1261, comprenait le récent
empire de Nicée avec Nicomédie, Brousse, Scutari, Ma
gnésie, quelques îles comme Rhodes, Imbros, Lemnos, une
partie du Péloponèse, Constantinople enfin et la Thrace,
avec’Andrinople, Salonique et une partie de la Thessalie.
C’était à peu près l’empire athénien de la Confédération de
Délos, avec la plus grande partie de l’Archipel et Athènes
en moins, la région continentale de Nicée en plus. Ce
n’étaient guère que les faubourgs de Constantinople, les