ANNEXE III.
LA VALIDITÉ DES CLAUSES D'EXONÉRATION
DANS LES CONNAISSEMENTS
RAPPORT
Présenté à la séance de la Chambre Syndicale du 23 février 1926
par M. Francis-Antonin DUFOUR
MESSIEURS,
En me faisant l’honneur de confier à mon examen la propo-
sition de loi que MM. Roux-Fraissineng, Mallarmé et plusieurs
de leurs collègues ont récemment déposée sur le bureau de
la Chambre, vous avez remis à l’ordre du jour de vos délibé-
rations la question des clauses d’exonération de responsabilité
dans les connaissements. Question déjà ancienne et pourtant
toujours d’actualité, question depuis longtemps ardemment
controversée sans’ qu’aucun résultat pratique ait pu être
atteint. Lorsque, en 1895, M. Henri Turcat soumit à vos déli-
aérations le rapport remarquable qu’il avait rédigé sur ce
sujet, il ne pouvait s'empêcher de constater que le problème
dont il allait aborder l’étude était déjà ancien ; que devons-
nous dire, Messieurs, nous qui, plus de trente ans après, nous
réunissons dans le même but ! Tirons néanmoins des événe-
ments la leçon de modestie qu’ils comportent et constatons
que les efforts patients de générations successives n’ont pu
arriver encore aux résultats souhaités. Comme le remarquait
dans une circonstance récente notre Président, l’action de la
Défense est une pesée lente mais efficace en faveur de la
vérité, Poursuivant cette comparaison, je vous convie,
Messieurs, à joindre à nouveau vos efforts pour ébranler
définitivement le bloc des théories préjudiciables aux intérêts
cénéraux du commerce tout entier.
Non point qu’il faille faire montre de parti-pris et aborder
l’étude de ce grave problème avec des idées préconçues et un
svstème fixé d’avance : l’importance des divers intérêts en