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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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des puissantes montagnes qui s’étendent proches ou dis
tantes, la charmante vallée de Tambo qui forme une
agréable oasis avec ses plantations verdoyantes de riz et
de cannes à sucre. Ensuite, après une ascension plus pro
longée, on parvient à une plaine de sable aride où l’on ne
distingue, comme végétation, que d’énormes cactus, et çà
et là, des huttes et villages indiens ; et l’on roule sans
relâche vers le volcan « Misti », au pied duquel s’élève
Aréquipa, Depuis la côte, on aperçoit le sommet pyra
midal et tronqué de ce volcan tout étincelant de neige, qui
s’élève à 5.847 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Aréquipa, nous l’avons dit, est une ville des plus
agréables ; climat excellent, à la fois doux et frais.
Après cette première étape, car le voyage n’est repris
que le lendemain, la voie ferrée continue son ascension en
suivant le chemin que lui trace le torrent d’Aréquipa.
L’altitude est de près de 4.000 mètres, le froid devient
âpre et cinglant et nombreux sont les voyageurs qui sont
pris du mal des montagnes ; à partir de cet instant, le train
s’emplit de l’odeur peu agréable des remèdes de bonne
femme : ail, vinaigre, eau sédative, généralement préco
nisés pour la circonstance (1).
A Juliaca, gros village quechua de 3.000 âmes, les
voyageurs pour le Cuzco descendent et passent la nuit ?
car à cet endroit la voie se bifurque en deux directions,
l’une se dirige vers le port de Puno sür le lac Titicaca,
l’autre sur Sicuani, autre gros village quechua ; ce tronçon
(1) Le Soroche détermine chez ceux qui en sont atteints une prostration
complète. Mais il est surtout caractérisé par de la migraine, de l’oppres
sion, et les cas graves par l’hémorrhagie. Les femmes le ressentent géné
ralement plus que les hommes : en somme, toute personne qui n’est
pas asthmatique et a le cœur en bon état ne ressent que peu ou pas les
effets du soroche.
Pour en éviter les atteintes nous recommandons l’emploi de l’ammo
niaque ou de l’ail dès les premiers symptômes.